Actualisé 10.07.2013 à 16:16

IrlandeLoi sur l'avortement: petite avancée

Les parlementaires irlandais s'apprêtent à accepter une modification de la loi. Celle-ci soulève de fortes oppositions dans un pays très catholique et est qualifiée de trop restrictive par la gauche.

Les parlementaires irlandais s'apprêtaient à adopter mercredi soir une loi autorisant l'avortement dans des cas strictement encadrés où la vie de la mère est en danger, un changement très controversé dans ce pays à forte tradition catholique.

Le vote sur ce texte, qui doit avoir lieu dans la nuit après l'examen d'une série d'amendements, intervient quelques mois après la mort très médiatisée en octobre d'une jeune femme qui s'était vu refuser un avortement dans un hôpital irlandais alors qu'elle faisait une fausse couche.

IVG autorisée si la mère est en danger

La loi autorise l'interruption de grossesse si la poursuite de celle-ci fait courir à la vie de la mère un «risque réel et substantiel» qui doit être certifié par les médecins. Elle prévoit qu'en cas de risque de suicide de la mère, l'avis unanime d'un obstétricien et de deux psychiatres est requis.

Si cette clause suscite des résistances de la part de certains parlementaires qui redoutent qu'elle n'ouvre la voie à la multiplication des avortements, la loi devrait être adoptée, le Premier ministre Enda Kenny (Fine Gael, centre) ayant imposé un vote favorable à ses troupes sous peine d'exclusion du groupe parlementaire.

Nouvelle loi suite à des décès

La modification de la loi intervient après une décision de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de décembre 2010 condamnant l'Irlande pour avoir interdit l'avortement à une femme en phase de rémission d'un cancer, qui craignait que sa grossesse n'entraîne une récidive de sa maladie.

En 1992, la Cour suprême irlandaise avait jugé qu'une femme avait le droit d'avorter si sa vie était en danger, mais cette décision n'avait jamais eu jusque-là de transposition législative.

Le gouvernement d'Enda Kenny a été incité à accélérer le processus législatif après la mort en octobre 2012 de Savita Halappanavar, une femme de 31 ans originaire d'Inde, décédée d'une septicémie à l'hôpital de Galway (ouest), une semaine après y avoir été admise alors qu'elle était en train de faire une fausse couche, à 17 semaines de grossesse.

Une loi qui ne satisfait personne

Mais la loi a provoqué d'importantes résistances dans ce pays, conduisant notamment 35.000 personnes à manifester à Dublin samedi.

Des députés de gauche en revanche jugent encore bien trop restrictive cette loi, qui ne prévoit pas d'autoriser l'avortement dans les cas de viol et d'inceste, soulignant que des milliers d'Irlandaises chaque année vont subir un avortement à l'étranger.

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