Athlétisme – Loïc Gasch récolte le fruit de son travail
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AthlétismeLoïc Gasch récolte le fruit de son travail

Médaillé d’argent aux Mondiaux en salle de Belgrade, le Vaudois ne regrette pas d’être passé pro cet hiver.

par
Grégoire Surdez
Une médaille d’argent et une fierté légitime pour Loïc Gasch.

Une médaille d’argent et une fierté légitime pour Loïc Gasch.

AFP

Mieux vaut être détendu pour aller haut. Loïc Gasch a décroché une superbe médaille d’argent  aux Mondiaux en salle de Belgrade. Auteur d’un saut à 2,31 m, le Vaudois n’a été devancé que par le Sud-Coréen Sanghyeok Woo. Le recordman de Suisse en plein air depuis l'été dernier avec 2,33 m, Gasch a même tutoyé l’or puisqu’il pointait en tête du concours avant que Woo ne passe 2,34 m.

«Je viens à Belgrade pour franchir les 2,30 m, avait lâché Loïc Gasch, en préambule, au micro de la RTS. C’est mes premiers Mondiaux, ma première finale, je n’ai rien à perdre.» Au contraire, juste une médaille d’argent à gagner.

De la stupéfaction à la satisfaction

Pour l’athlète de l’US Yverdon, ces Mondiaux ne devaient même pas constituer un objectif. C’est au fil de la saison hivernale, qui s’est passée mieux qu’il ne l’imaginait, que l’ambition s’est imposée d’elle-même. Appelé de dernière minute pour intégrer le cercle des douze qualifiés, Loïc Gasch a déroulé le concours presque parfait dimanche.

Des barres à 2,15 m, 2,20 m, 2, 24 m, 2,28 m franchies au premier essai. Et puis, cette marque argentée à 2,31 m, effacée d’un cheveu au deuxième saut. En toute décontraction. «Je savais que je pouvais aller haut, mais c'est différent d'être vraiment capable de le faire, a réagi le Vaudois sur le site de la RTS. Mais j'étais prêt dans la tête, et j'ai su rester concentré tout au long du concours.» Il s’agit de la troisième médaille suisse lors de ces Mondiaux, après l’or de Mujinga Kambundji, vendredi sur 60 m, et l’argent de Simon Ehammer, samedi en heptathlon.

Loïc Gasch a franchi 2,31 mètres à son deuxième essai.

Loïc Gasch a franchi 2,31 mètres à son deuxième essai.

AFP

La réaction du seul athlète romand de la sélection est passée de la stupéfaction, les deux mains portées sur son visage, à la satisfaction virile, avec ce poing droit qui frappe sa poitrine à plusieurs reprises.  Il y a du soulagement et une joie intense pour un garçon qui a traversé plusieurs épreuves difficiles ces dernières années et qui, jusqu’à la fin de l’année 2021, devait jongler entre son travail de comptable et une carrière de sauteur de haut niveau.

Sévèrement touché par le Covid

En 2020, il avait été sévèrement secoué par le Covid. Touché à un poumon, au foie et aux muscles, il avait dû observer une pause stricte de six semaines. Mais malgré ce coup du sort, il avait tout de même réussi une saison 2021 historique puisque le 9 mai, il avait effacé des tablettes le record de suisse de 2,31 m en passant 2,33 m. Ce dernier était détenu depuis le 7 juin 1981 par le Bâlois Roland Dalhäuser.

Une performance qui lui avait valu une qualification pour les Jeux de Tokyo. Malgré une élimination en qualification (2,21 m), il en a tiré de précieuses leçons. C’est cet échec olympique qui l’a convaincu d’épouser, à 27 ans, le tartan à plein-temps pour mieux  laisser ses cahiers de comptable.

Le Loïc Gasch nouveau est déjà récompensé de ses efforts avec cette aussi belle qu’improbable médaille d’argent mondiale. De quoi regarder vers le… haut. Avec en ligne de mire les Mondiaux en plein air de Eugene (EU), du 15 au 24 juillet, et les Européens de Munich, du 15 au 21 août. Sans oublier les grands meetings en Suisse et dans le monde.

Des rendez-vous qu’il abordera en toute décontraction.

Record du monde pour Rojas

La Vénézuélienne Yulimar Rojas a amélioré dimanche à Belgrade son record du monde du triple saut en effectuant un bond à 15,74 m, s’offrant un 3e titre mondial en salle.

L’ancienne marque de référence (15,67 m) avait été établie en 2021 aux Jeux olympiques de Tokyo où Rojas avait raflé la médaille d’or et effacé l’ancien record du monde détenu depuis 1995 par l’Ukrainienne Inessa Kravets (15,50 m).

Déjà sacrée en 2016 et en 2018 en indoor, la championne olympique a largement devancé l’Ukrainienne Marina Bekh-Romanchuk (14,74 m) et la Jamaïcaine Kimberley Williams (14,62 m).

Yulimar Rojas jubile après son bond record.

Yulimar Rojas jubile après son bond record.

AFP

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