Espionnage: Londres craignait que la famille de Blake ne vende son histoire
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EspionnageLondres craignait que la famille de Blake ne vende son histoire

George Blake, mort samedi après avoir vécu pendant des décennies en Russie, avait été recruté par les services secrets britanniques, avant de proposer ses services aux Soviétiques dans les années 1950.

Condamné en 1961 à 42 ans de réclusion, George Blake s’était échappé de sa prison londonienne en 1966, avant de rejoindre clandestinement l’URSS (archives).

Condamné en 1961 à 42 ans de réclusion, George Blake s’était échappé de sa prison londonienne en 1966, avant de rejoindre clandestinement l’URSS (archives).

KEYSTONE/AP/Boris Yurchenko

Le gouvernement britannique soupçonnait la famille du célèbre agent double britannique George Blake, décédé samedi, de vouloir tirer profit de sa notoriété après sa fuite en URSS. La «taupe» britannique espionnait pour le compte du KGB soviétique.

Les archives nationales britanniques ont déclassifié mercredi toute une série de documents gouvernementaux, remontant à 1969, soit trois ans après l’évasion de prison puis la fuite vers Moscou de George Blake.

Dans une lettre secrète, un haut responsable des services de renseignements rapportait que la famille de l’espion avait été approchée par la BBC pour une interview. La mère et la sœur de l’agent «ont montré par le passé une fâcheuse disposition à vouloir vendre son histoire», «l’exhortant à accepter d’importantes rétributions», expliquait dans cette missive secrète le responsable.

Condamné à 42 ans de prison

George Blake, qui est mort samedi à 98 ans après avoir vécu pendant des décennies en Russie, avait été recruté par les services secrets britanniques. Il avait ensuite proposé ses services aux Soviétiques dans les années 1950, après avoir été témoin de bombardements américains sur des populations civiles en Corée.

Dénoncée par un agent double polonais, cette «taupe» avait été condamnée à 42 ans de réclusion en 1961. Mais l’ex-agent double s’était échappé de sa prison londonienne en 1966, avant de rejoindre clandestinement l’URSS via l’Allemagne de l’Est.

Dans sa lettre, le haut responsable suggérait qu’un diplomate de haut rang s’entretienne «de façon informelle» avec la BBC et l’autorité de régulation de la télévision afin de les dissuader de réaliser cet entretien, estimant que George Blake ne devrait pas «avoir l’occasion de glorifier sa trahison» et de tirer profit de son crime et de son évasion.

En 1996, le parquet britannique avait poursuivi l’ex-agent double pour avoir publié en 1990 ses mémoires, intitulées «No Other Choice» («Pas d’autre choix»). La justice britannique avait alors privé George Blake de 90’000 livres sterling de droits d’auteur, qu’il avait pu partiellement récupérer par la suite.

(ATS/NXP)

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