Royaume-Uni: Londres donne le feu vert à une nouvelle centrale nucléaire

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Royaume-UniLondres donne le feu vert à une nouvelle centrale nucléaire

Le ministre britannique de l’Energie a donné son aval à la centrale nucléaire EPR Sizewell C qui devrait alimenter quelque 6 millions de foyers.

Capture d’écran de la projection numérique du futur site de la centrale EPR Sizewell C.

Capture d’écran de la projection numérique du futur site de la centrale EPR Sizewell C.

youtube/edf

Le gouvernement britannique a annoncé mercredi que le projet de construction d’une nouvelle centrale nucléaire EPR Sizewell C, pour laquelle l’énergéticien français EDF est son principal partenaire, a reçu le feu vert du ministre de l’Énergie Kwasi Kwarteng. Ce projet «implique la construction d’une nouvelle centrale nucléaire produisant une électricité fiable et à faible émission de carbone pour aider» le pays à atteindre son objectif de neutralité carbone en 2050, selon un communiqué. La centrale pourra alimenter 6 millions de foyers.

Jusqu’à huit nouveaux réacteurs d’ici 2050

Londres a fait du développement du nucléaire l’une des priorités de sa stratégie énergétique, mais beaucoup de ses 15 réacteurs sont en fin de vie et la seule centrale actuellement en construction, Hinkley point C, projet lui aussi porté par EDF et le chinois CGN, a vu ses coûts s’envoler et n’ouvrira pas avant 2027. En pleine crise du coût de la vie tirée par l’envolée des factures d’énergie, et vu la guerre en Ukraine qui a remis l’indépendance énergétique au centre de l’attention, le Royaume-Uni veut accélérer le développement de l’atome. Il prévoit jusqu’à huit nouveaux réacteurs d’ici 2050 sur certains de ses huit sites nucléaires désignés, avec pour objectif de fournir 25% de la demande en électricité.

Priorité de Londres

Sizewell C est un projet de centrale évalué par la presse britannique à 20 milliards de livres, environ 23 milliards de francs, comportant deux réacteurs EPR d’une puissance de 3,2 GW, dont EDF détient 80%, là aussi aux côtés du chinois CGN qui détient le reste. Alors que l’influence de la Chine dans les actifs stratégiques britanniques est régulièrement dénoncée par des députés conservateurs, mettant sous pression le gouvernement, le communiqué ne précise pas si CGN sera toujours partenaire ou s’il sera finalement évincé, comme évoqué par la presse britannique depuis des mois. Contactés, des porte-paroles du ministère de l’Énergie n’étaient pas immédiatement disponibles.

Rallonge accordée

Londres avait annoncé en janvier injecter 100 millions de livres supplémentaires pour le développement de Sizewell C, situé dans le Suffolk, sur la côte est du pays, et «attirer d’autres financements d’investisseurs privés». Et le gouvernement britannique a prévu dans ses orientations budgétaires publiées en octobre jusqu’à 2 milliards de francs qui pourraient être affectés au développement de ce projet, dans lequel Londres pourrait prendre une participation directe. L’exécutif avait annoncé en octobre un nouveau modèle de financement de ses projets de centrales nucléaires qui fera peser une partie du coût sur les factures énergétiques des particuliers mais qui devrait faire baisser le coût global de ces onéreux réacteurs.

(AFP)

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