Actualisé 09.10.2017 à 15:45

BrexitLondres et Bruxelles se renvoient la balle

Les négociateurs des deux bords se sont rencontrés lors d'une dernière session avant le Conseil européen des 19-20 octobre.

1 / 150
Dans son discours, Boris Johnson a promis de donner plus de pouvoirs aux communautés locales et de renforcer les infrastructures de télécommunications et de transport. (Samedi 27 juillet 2019)

Dans son discours, Boris Johnson a promis de donner plus de pouvoirs aux communautés locales et de renforcer les infrastructures de télécommunications et de transport. (Samedi 27 juillet 2019)

Keystone
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, s'est attiré des critiques du monde diplomatique, pour avoir comparé l'Union européenne à l'Union soviétique. (1er octobre 2018)

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, s'est attiré des critiques du monde diplomatique, pour avoir comparé l'Union européenne à l'Union soviétique. (1er octobre 2018)

AFP
La chancelière allemande a lancé une pique à l'intention de Theresa May devant des industriels allemands. «Il ne reste que «six à huit semaines pour trouver un accord», a noté la chancelière allemande. (25 septembre 2018)

La chancelière allemande a lancé une pique à l'intention de Theresa May devant des industriels allemands. «Il ne reste que «six à huit semaines pour trouver un accord», a noté la chancelière allemande. (25 septembre 2018)

AFP

Négociateurs européens et britanniques se sont retrouvés lundi à Bruxelles pour leur cinquième session de discussions sur les termes du Brexit. Tant Londres que Bruxelles ont toutefois affirmé que la balle était désormais dans le camp adverse.

Dans une allocution qu'elle devait prononcer au Parlement dans l'après-midi, et dont des extraits ont été publiés à l'avance, la Première ministre britannique Theresa May affirme que la définition des nouveaux rapports entre Londres et l'Union européenne nécessite de la part de tous «détermination et souplesse». «La balle est dans leur camp», a-t-elle souligné à propos de ses interlocuteurs européens. «Mais je suis optimiste et je pense que nous obtiendrons une réponse positive».

«Ce n'est pas exactement un jeu de balle», lui a déjà répondu le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, mais «la balle est totalement dans le camp du Royaume-Uni», a-t-il ajouté, renvoyant au «séquençage clair» des négociations.

Ordre du jour allégé

Les équipes de négociateurs se sont retrouvées lundi après-midi au siège de la Commission européenne pour lancer cette session à l'agenda allégé. Le ministre britannique du Brexit David Davis ne devrait participer qu'à la conférence de presse finale prévue jeudi avec le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier. Aucune discussion n'a été programmée pour la journée de mercredi.

Contrairement à la pratique des derniers mois, Michel Barnier et David Davis n'ont pas prévu de se rencontrer lundi pour lancer ce round, le dernier programmé avant le Conseil européen des 19 et 20 octobre.

Dans le calendrier idéal des négociations, ce sommet devait marquer une étape cruciale, avec la perspective pour les Européens d'y accepter l'ouverture de tractations sur les relations commerciales avec Londres après le Brexit.

Mais à condition que des «progrès suffisants» soient actés par l'UE sur les trois dossiers prioritaires liés à la séparation - le règlement financier du divorce, le sort des expatriés et les conséquences du Brexit pour l'Irlande. Ce qui n'est pas le cas.

Tensions à Londres

Le discours désastreux de Theresa May lors du congrès annuel de son Parti conservateur mercredi dernier à Manchester et la fronde d'une trentaine de députés conservateurs n'ont pas contribué depuis à redonner de l'optimisme aux négociateurs.

Et la crise politique britannique pourrait franchir un nouveau cap: le Sunday Times rapportait dimanche que la dirigeante conservatrice n'excluait pas de rétrograder son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson. Ce dernier a exposé en septembre sa vision d'un «Brexit glorieux» perçue par de nombreux observateurs comme une attaque dirigée contre la politique de Mme May.

Possible divorce sans accord

Face aux incertitudes politiques à Londres, diplomates et fonctionnaires européens ont accentué les préparatifs en prévision d'un divorce sans accord. «C'est le sentiment qui progresse», confirme un haut responsable européen.

«Il faut intégrer le fait qu'il ne s'agit pas d'un processus rationnel», ajoute-t-il, assurant qu'économiquement, la victoire du camp du Brexit lors du référendum de juin 2016 n'avait déjà pas beaucoup de sens.

«Il n'est donc pas improbable que les Britanniques fuient à nouveau les impératifs économiques et que nous finissions par sauter dans le vide faute d'accord politique», ajoute-t-il.

Theresa May restera-t-elle ?

Un autre diplomate pense que les dirigeants européens, cette semaine, «chercheront à trouver quelques éléments positifs», dans l'espoir de parvenir à un accord sur les relations commerciales lors du sommet européen de la mi-décembre.

Pour l'heure, les dirigeants européens ne peuvent faire guère plus qu'observer le déroulement des choses à Londres et spéculer sur la capacité de Theresa May à se maintenir au pouvoir. «Qui sait si nous aurons encore un interlocuteur lors du sommet des 19 et 20 octobre», s'est interrogé ce week-end un responsable européen. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!