Libye sous Kadhafi: Londres verse 2,7 mios à un opposant torturé
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Libye sous KadhafiLondres verse 2,7 mios à un opposant torturé

Londres versera 2,7 millions d'euros à un opposant libyen torturé sous le régime de Mouammar Kadhafi. L'homme accuse les Britanniques d'avoir participé à sa capture.

Sami al Saadi était opposant au dictateur Mouammar Kadhafi.

Sami al Saadi était opposant au dictateur Mouammar Kadhafi.

Le gouvernement britannique a accepté de verser 2,2 millions de livres (2,7 millions d'euros) à un opposant libyen au régime de Khadafi qui accusait Londres d'avoir participé à sa capture et à sa remise, en 2004, aux autorités libyennes qui l'ont torturé, a annoncé jeudi son avocat. Sami al Saadi, opposant au dictateur Mouammar Kadhafi, affirme avoir été transféré de force en 2004 avec sa femme et ses quatre enfants de Hong Kong à Tripoli en Libye.

USA et Royaume-Uni avec la Libye

Cette opération, organisée conjointement par le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la Libye, l'a conduit dans les geôles libyennes où il a été torturé, ajoute-t-il. Une porte-parole du gouvernement britannique a confirmé à l'AFP que Londres a «trouvé un accord avec les plaignants», M. al Saadi et sa famille, confirmant, dans un communiqué, le montant de 2,23 millions de livres. «Il n'y a pas eu d'aveu de responsabilité et aucune reconnaissance de responsabilité constatée par un tribunal», a-t-elle ajouté.

M. al Saadi a annoncé mettre un terme à son action en justice, regrettant toutefois que «le gouvernement britannique ne donne pas de réponse à cette question simple: avez-vous été impliqué dans mon enlèvement et celui de ma femme et de mes enfants?». Le «paiement» du gouvernement est cependant «éloquent», a-t-il souligné.

Aide aux autres victimes

Il a précisé vouloir donner une partie des 2,2 millions de livres pour venir en aide à d'autres victimes de torture en Libye. Il compte utiliser le reste de l'argent pour financer les soins médicaux dont il a besoin après les tortures qu'il a subies et pour payer l'éducation de ses enfants «dans la nouvelle Libye libre».

Selon ses avocats, les preuves de l'implication britannique dans son opération de transfert forcé sont apparues après la chute du régime de Kadhafi en 2011. Elles ont été découvertes dans une correspondance entre la CIA et le renseignement libyen, trouvée dans un bureau appartenant à Moussa Koussa, le chef des services secrets de Kadhafi, selon la même source.

Le Royaume-Uni reste confronté à une autre allégation de transfert forcé, celle d'Abdelhakim Belhaj, devenu commandant militaire de Tripoli après le renversement de Kadhafi. (afp)

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