Secteur pharmaceutique: Lonza Group va supprimer quelque 450 emplois dans le monde
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Secteur pharmaceutiqueLonza Group va supprimer quelque 450 emplois dans le monde

Lonza va supprimer 450 emplois dans le monde, soit près d'un poste sur cinq, sur fond d'avertissement sur résultats. Rattrapé par la crise, le fabricant bâlois de spécialités pour l'industrie pharmaceutique veut réduire ses coûts de 60 à 80 millions de francs en 2010 et 2011.

La réorganisation vise notamment à préserver la capacité bénéficiaire du groupe, dans un environnement économique difficile, a indiqué jeudi le patron de Lonza, Stefan Borgas, en conférence téléphonique. Elle implique une charge totale de l'ordre de 30 à 40 millions de francs et une baisse de 20% des investissements à moins de 400 millions en 2010.

Lonza se voit ainsi soudainement confronté à la dégradation de son chiffre d'affaires au troisième trimestre par l'effet de facteurs cumulés (annulation et report de commandes ainsi que pression sur les prix et les marges). Du coup, le résultat opérationnel avant intérêts et impôts (EBIT) pour 2009 n'atteindra pas les objectifs.

Le bénéfice d'exploitation se limitera à 360-380 millions de francs, contre 441 millions l'an passé. Dans le cadre de l'optimisation des processus, 450 emplois seront supprimés, soit près de 5% de l'effectif total du groupe. Des licenciements ne sont pas exclus, même si le taux annuel de rotation du personnel atteint 7%.

Impact en Suisse inconnu

La restrucuration vise avant tout le personnel d'encadrement aux niveaux hiérarchiques supérieur et intermédiaire, a dit M. Borgas. A ce titre, chaque site que compte Lonza dans le monde est concerné.

Si l'impact de la mesure en Suisse n'est pas encore connu, le syndicat Unia exige dans un communiqué que la direction du groupe informe de manière ouverte et transparente sur toute mesure d'économie touchant le site de Viège, le plus important de Lonza avec 2700 collaborateurs. Et le syndicat de rappeler l'accord en matière de formation signé en 2008.

Selon ce document, les collaborateurs de l'usine valaisanne soumis à la CCT se sont engagés à suivre une formation continue de 4 jours en moyenne par an jusqu'en 2014. En contrepartie, la direction de Lonza s'est engagée à ne pas modifier les rapports de travail de l'ensemble des salariés concernés durant les six ans de validité de l'accord.

Unia exclut dès lors tout licenciement sur le site valaisan. En revanche, il se dit ouvert à des discussions quant à des mesures conformes au partenariat social, telles que le chômage partiel ou des retraites anticipées.

Acquisitions toujours

Pour mener à bien la restructuration, Lonza va passer à la loupe ses installations, même si toutes travaillent de manière rentable, comme l'ensemble des divisions du groupe. Il n'est pas exclu que l'une ou l'autre ferme, a affirmé M. Borgas, sans plus de détails.

Le redimensionnement n'épargne pas non plus la direction générale, celle-ci devant perdre un membre pour revenir à six têtes avec le départ de la cheffe du personnel Marcela Cechova. Malgré l'échec il y a dix jours à peine du rachat du canadien Patheon, Lonza a répété ses ambitions «raisonnées» en termes d'acquisitions. «Nous négocions sur plusieurs fronts», a relevé M. Borgas.

A la Bourse suisse, les investisseurs ont sévèrement sanctionné l'action Lonza, ne goûtant que modérement l'avertissement sur résultats qui leur a été délivré. Après avoir ouvert en chutant de 15,1%, le titre poursuivait sa descente aux enfers, dégringolant de plus de 24% à 80,40 francs.

Même les assurances de M. Borgas d'un dividende 2009 «au moins» aussi élevé que lors de l'exercice antérieur n'ont pas empêché l'action Lonza de signer la plus mauvaise peformance d'un marché helvétique en reprise de 0,21%.

Totalement surpris, les analystes parlent d'un «coup dur» pour Lonza. Les perspectives ne sont pas jugées très séduisantes, les activités devant demeurer très volatiles ces deux prochaines années. La direction générale informera davantage en janvier sur sa stratégie.

(ats)

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