14.10.2020 à 22:21

Côte d’IvoireL’opposition ivoirienne hésite à participer à la présidentielle

L’opposition ivoirienne dénonce toujours la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat, lors de l’élection du 31 octobre.

La campagne électorale doit s’ouvrir jeudi en Côte d’Ivoire.

La campagne électorale doit s’ouvrir jeudi en Côte d’Ivoire.

KEYSTONE/EPA/LEGNAN KOULA

L’opposition ivoirienne a une nouvelle fois laissé planer le doute sur sa participation à la présidentielle du 31 octobre. Elle n’a pas retiré auprès de la Commission électorale indépendante (CEI) ses «spécimens d’affiches et de bulletins de vote».

«Pour nous, la CEI n’existe plus en tant qu’organe compétent chargé de l’organisation de la présidentielle», a expliqué Maurice Kakou Guikahué, numéro deux du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, principal parti d’opposition) de l’ex-président Henri Konan Bédié.

Alors que la campagne électorale s’ouvre jeudi, «les représentants» d’Henri Konan Bédié et de l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan «ne se sont toujours pas présentés» pour retirer les «specimens», a expliqué le porte-parole de la CEI, Inza Kigbafori, mais «ils peuvent toujours venir les chercher». Le retrait des «spécimens» n’est pas indispensable pour participer à l’élection.

Appel à négocier

Une aile du Front populaire ivoirien (FPI), dirigée par Pascal Affi N’Guessan, a de son côté rappelé à ses militants et sympathisants qu’en application du mot d’ordre de «désobéissance civile» lancé par l’opposition, «ils sont invités à ne pas prendre part à l’opération de distribution et de retrait des cartes d’électeurs», qui débute ce mercredi et dure jusqu’au 20 octobre.

«Il est important que les autorités comprennent la nécessité de s’asseoir autour d’une table pour discuter. Nous avons encore quelques jours avant le 31 octobre pour échanger», a expliqué à l’AFP le secrétaire général du FPI, Issiaka Sangaré.

CEI déséquilibrée

L’opposition, qui conteste l’impartialité de la CEI et du Conseil constitutionnel, laisse planer le doute depuis quelques semaines sur un boycott du scrutin.

Le Conseil constitutionnel a rejeté le 14 septembre la candidature de l’ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro, de l’ancien président Laurent Gbagbo et de 38 autres candidats, mais a validé celle du président Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé. Il a aussi retenu les candidatures d’Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan, ainsi que de l’ex-député Kouadio Konan Bertin, dissident du PDCI.

L’opposition avait suspendu le 1er octobre la participation de ses deux représentants au sein de la CEI alors que le PDCI n’a jamais envoyé de représentant. «Aujourd’hui, il n’y a pas de représentants des partis de l’opposition. La loi créant la CEI exige une représentation équitable entre l’opposition et la majorité, ce qui n’est pas le cas», a souligné Maurice Kakou Guikahué.

Crainte de violences

La crainte de violences meurtrières est forte, dix ans après la crise post-électorale née de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3000 morts. Une quinzaine de personnes sont mortes en août dans des violences survenues dans le sillage de l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat et des échauffourées ont eu lieu dans plusieurs localités après l’annonce de la liste des candidats retenus pour le scrutin.

Élu en 2010, réélu en 2015, Alassane Ouattara, 78 ans, avait annoncé en mars qu’il renonçait à briguer un troisième mandat, avant de changer d’avis en août, après le décès de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. La loi ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé qu’avec la nouvelle Constitution de 2016, le compteur des mandats d’Alassane Ouattara a été remis à zéro, ce que conteste l’opposition.

(ATS/NXP)

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