Îles Samoa - L’opposition revendique la victoire électorale 
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Îles SamoaL’opposition revendique la victoire électorale

Une décision judiciaire pourrait bien briser l’hégémonie du pouvoir et propulser Fiame Naomi Mata’afa à la tête du gouvernement.

Fiame Naomi Mata’afa pourrait devenir la première femme à la tête du gouvernement samoan.

Fiame Naomi Mata’afa pourrait devenir la première femme à la tête du gouvernement samoan.

AFP

L’opposition a revendiqué lundi la victoire aux élections générales d’avril aux Samoa, à la faveur de décisions de justice qui pourraient permettre à Fiame Naomi Mata’afa de devenir la première femme à prendre la tête du gouvernement de l’archipel du Pacifique.

Des centaines de supporters du parti FAST rassemblés près de la Cour suprême, à Apia, ont laissé éclater leur joie quand la haute juridiction a rendu deux décisions donnant raison à ce mouvement de l’opposition dirigé par Mme Mata’afa.

Décision judiciaire

La Cour a validé les résultats des élections du 9 avril, ordonné au Parlement de se réunir et jugé que le projet d’organiser un nouveau scrutin, vendredi, devait être abandonné.

Elle a par ailleurs invalidé l’élection d’un député proche du gouvernement, ce qui a donné au FAST une majorité d’un siège face au Parti pour la protection des droits de l’homme (HRPP) qui a géré le pays de façon presque ininterrompue, depuis près de quatre décennies.

Ces décisions devraient ainsi permettre une alternance historique pour l’archipel de 220’000 habitants, qui était encore inimaginable il y a un an quand le FAST a été formé. Ce parti a d’emblée expliqué que le verdict de la Cour lui donnait la majorité requise pour former le gouvernement. «Il est temps de se mettre au travail», a-t-il dit sur Facebook.

Ni la commission électorale ni le gouvernement du Premier ministre Tuilaepa Sailele Malielegaoi, qui est au pouvoir depuis 22 ans, n’ont réagi dans l’immédiat.

Crise constitutionnelle

Après les élections, le FAST avait attiré à lui un député indépendant, pensant ainsi arracher une majorité de 26 sièges. Mais la commission électorale avait ensuite accordé au HRPP un siège supplémentaire, pour des raisons tenant aux quotas de femmes au Parlement.

Alors que le pays s’enfonçait dans la crise constitutionnelle, des responsables avaient demandé l’organisation d’une nouvelle élection le 21 mai et l’opposition avait accusé le gouvernement de manoeuvres pour se maintenir au pouvoir.

Les Samoa sont devenues indépendantes en 1962, après près d’un demi-siècle sous le statut de protectorat néo-zélandais. A l’exception d’une courte période en coalition en 1986/1987, le HRPP préside aux destinées du pays depuis 1982.

Cause des femmes

La cheffe de file du FAST, Fiame Naomi Mata’afa, est la fille du Premier ministre samoan. Elle passe pour une pionnière de la cause des femmes dans l’archipel très conservateur et très religieux, majoritairement protestant.

Elle appartenait auparavant au HRPP et fut même l’adjointe de M. Malielegaoi jusqu’à ce qu’elle se brouille avec ce dernier en raison de divergences politiques.

Elle est largement reconnue à l’étranger comme une voix dans le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes, et comme une militante engagée contre le réchauffement climatique.

(AFP)

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