Actualisé 23.09.2020 à 14:50

BélarusLoukachenko a prêté serment en secret pour un 6e mandat

Le président contesté dans son propre pays a fait valider son nouveau mandat en prêtant serment en secret.

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Les opposants au président bélarusse ont manifesté de nouveau. Des arrestations ont suivi. (Dimanche 22 novembre 2020)

Les opposants au président bélarusse ont manifesté de nouveau. Des arrestations ont suivi. (Dimanche 22 novembre 2020)

Keystone
Le président bélarusse Alexandre Loukachenko s’est entretenu samedi pendant plusieurs heures avec des opposants emprisonnés, dont un ex-candidat à la présidentielle. (Samedi 10 octobre 2020)

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko s’est entretenu samedi pendant plusieurs heures avec des opposants emprisonnés, dont un ex-candidat à la présidentielle. (Samedi 10 octobre 2020)

KEYSTONE
La police bélarusse a annoncé avoir procédé à des arrestations et utilisé un canon à eau contre les manifestants à Minsk.

La police bélarusse a annoncé avoir procédé à des arrestations et utilisé un canon à eau contre les manifestants à Minsk.

Keystone

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko, confronté à un mouvement de contestation post-électoral sans précédent, a prêté serment mercredi pour un sixième mandat, a indiqué l’agence étatique Belta à l’issue d’une cérémonie tenue secrète.

«Alexandre Loukachenko a prononcé le serment en langue bélarusse, après quoi il a signé l’acte de prestation de serment puis, la présidente de la Commission électorale (…) lui a remis le certificat de président de la république du Bélarus», a indiqué Belta.

En catimini

Dans la matinée, les médias indépendants bélarusses et les plateformes de l’opposition avaient spéculé sur une telle cérémonie en catimini, le cortège présidentiel ayant défilé dans la rue à toute vitesse, l’artère principale de Minsk ayant été fermée au public et les forces de l’ordre ayant été déployées en nombre autour de la présidence.

«Le président sortant qui affirme avoir gagné avec 80% des voix fait de son investiture une opération des services spéciaux, sous protection des forces antiémeutes et dans le secret», a ironisé sur la messagerie Telegram l’un des représentants de l’opposition, Pavel Latouchko, exilé comme beaucoup de ses camarades.

Selon l’agence Belta, le président Loukachenko a lui fait état de sa «fierté» dans son discours inaugural devant de hauts responsables triés sur le volet. «Nous n’avons pas seulement élu un président, nous avons défendu nos valeurs, la vie dans la paix, la souveraineté et l’indépendance» du pays, a-t-il dit.

Berlin ne «reconnaît pas» Loukachenko

L’Allemagne «ne reconnaît pas», faute de «légitimité démocratique», le président bélarusse Alexandre Loukachenko, qui a prêté serment mercredi en catimini pour un sixième mandat, a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand.

«Les exigences minimales pour des élections démocratiques n’étaient pas remplies», a dénoncé lors d’un point presse Steffen Seibert, ajoutant que cette élection du 9 août, contestée au Bélarus, n’avait été «ni juste ni libre».

«Par conséquent, le résultat de ce vote ne peut être reconnu», a estimé M. Seibert, pour qui M. Loukachenko «ne peut invoquer la légitimité démocratique, même après la cérémonie» d’investiture menée mercredi. «Le fait que cette cérémonie ait été préparée dans le secret et se soit tenue sans témoin est révélateur», a relevé M. Seibert.

Le gouvernement allemand appelle par ailleurs, par la voix de son porte-parole, à la «libération de tous les prisonniers politiques» et enjoint aux autorités bélarusses de ne pas utiliser la force contre les manifestants.

Contestation inédite

Alexandre Loukachenko est confronté depuis la présidentielle du 9 août à une contestation inédite, des dizaines de milliers de personnes sortant notamment dans la rue chaque dimanche à Minsk pour dénoncer sa réélection jugée frauduleuse, et cela malgré la répression du mouvement.

Les premiers jours, les manifestations ont été réprimées très violemment et des milliers de personnes ont été arrêtées. Les figures de l’opposition ont été soit incarcérées soit contraintes à l’exil ces dernières semaines, comme la candidate Svetlana Tikhanovskaïa, une novice en politique, qui a galvanisé les foules durant la campagne électorale et revendique la victoire au scrutin.

Alexandre Loukachenko, qui accuse les Occidentaux d’avoir fomenté la protestation, a promis une vague réforme constitutionnelle pour répondre à cette crise politique mais il a exclu tout dialogue avec les détracteurs du régime qu’il pilote depuis 1994.

Le président bélarusse tente de passer en force.

Le président bélarusse tente de passer en force.

Keystone
(AFP/NXP)

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