03.11.2020 à 23:49

Amérique centraleL’ouragan Eta dévaste les côtes du Nicaragua et du Honduras

Le passage d’Eta a fait au moins trois victimes, dont une adolescente hondurienne de 13 ans, morte dans l’effondrement de sa maison.

L’ouragan Eta qui dévaste la côte caraïbe du nord de l’Amérique centrale, au Nicaragua et au Honduras, a fait au moins trois morts, ont annoncé les services de secours.

L’ouragan, qui avance avec des vents de 230 km/h et des pluies torrentielles et a provoqué des inondations, a fait mardi une première victime au Honduras, une adolescente âgée de 13 ans, morte dans l’effondrement de sa maison.

(Photo Inti OCON / AFP)

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Et deux hommes ont été tués alors qu’ils travaillaient dans une mine artisanale dans la localité de Bonanza au Nicaragua, a annoncé à la télévision le directeur de la Croix-Rouge nicaraguayenne, Auner Garcia.

L’ouragan a baissé en intensité, passant des catégories 4 à 2, avec des vents de 176 km/h en direction d’une région appelée «triangle minier», une zone d’extraction artisanale d’or dans le nord-est du Nicaragua, selon le dernier bulletin du centre américain de surveillance des ouragans (NHC).

Eta devrait atteindre ce secteur mercredi matin en tant qu’ouragan de catégorie 1, avec des vents de 120 km/h, avant de se transformer en tempête tropicale dans le nord du Nicaragua, puis aller au Honduras en tant que dépression tropicale à la fin de la journée, selon l’Institut nicaraguayen des études territoriales (Ineter).

L’ouragan, qui se déplaçait lentement sur la mer des Caraïbes, s’était auparavant renforcé dans ses eaux chaudes lundi et mardi. De catégorie 4, il a touché terre mardi vers 6 heures locales (13 heures en Suisse) au sud de Bilwi, la ville principale de la côte nord du Nicaragua, également connue sous le nom de Puerto Cabezas.

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Les toits de tôle des maisons habitées majoritairement par des indigènes ont été facilement emportés par l’ouragan, a raconté à l’AFP le chef miskito Kevin Lackwood de la communauté de Prinzapolka. (Photo Inti OCON / AFP)

Les toits de tôle des maisons habitées majoritairement par des indigènes ont été facilement emportés par l’ouragan, a raconté à l’AFP le chef miskito Kevin Lackwood de la communauté de Prinzapolka. (Photo Inti OCON / AFP)

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Évacués avec leurs famille, des enfants jouent dans un abri provisoire. (Photo Orlando SIERRA / AFP)

Évacués avec leurs famille, des enfants jouent dans un abri provisoire. (Photo Orlando SIERRA / AFP)

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Pour minimiser les dégâts, les habitants ont tenté de protéger leurs maisons avec les moyens du bord. (Photo INTI OCON / AFP)

Pour minimiser les dégâts, les habitants ont tenté de protéger leurs maisons avec les moyens du bord. (Photo INTI OCON / AFP)

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Des toits de tôle de maisons de cette région pauvre, où vivent quelque 100'000 personnes, majoritairement des indigènes, ont été facilement emportés par l’ouragan, a raconté à l’AFP le chef miskito Kevin Lackwood de la communauté de Prinzapolka, sur la côte, où les hommes sont restés pour garder les maisons évacuées par les femmes et les enfants.

«Beaucoup d’arbres sont tombés et le réseau routier est très affecté», a indiqué le ministre nicaraguayen des Infrastructures Oscar Mojica. La rivière Wawa, entre Bilwi et le reste du pays, est en crue.

«Bilwi a été durement frappée. Des quartiers de la périphérie sont inondés et des ponts sous l’eau. Beaucoup de toits de maisons ont été emportés, et cela continue car l’ouragan se déplace très lentement», a indiqué à l’AFP le secouriste volontaire Kevin Gonzalez.

«Les maisons (de la région) sont très vulnérables: ce sont des maisons de bois doublées avec du plastique», explique-t-il.

«Nuit de terreur»

Les habitants ont subi durant une dizaine d’heures les affres de l’approche du cyclone: «C’était une nuit de terreur car les rafales de vent faisaient un bruit semblable à celui d’un tracteur qui détruisait tout sur son passage», a raconté pour l’AFP Joel Quin, un habitant de Bilwi âgé de 35 ans qui contemplait avec désarroi les décombres de sa maison.

Giovany Nelson, 34 ans, raconte comment il est resté «enfermé dans une pièce, en entendant le vent qui détruisait le toit» de sa maison. La puissance du cyclone «nous a surpris et nous a rempli d’angoisse», ajoute-t-il.

Les autorités ont acheminé sur zone 88 tonnes de vivres et deux avions de l’armée de l’air ont convoyé sur place dimanche et lundi des militaires et de l’équipement médical.

Inondations soudaines

Les autorités nicaraguayennes ont indiqué avoir évacué 20'000 personnes des îlots au large de la côte et des zones côtières les plus exposées au cyclone et aux inondations.

La vice-présidente nicaraguayenne Rosario Murillo a avancé qu’Eta n’avait «pas été aussi catastrophique que prévu en termes de dégâts matériels».

Les pluies d’Eta ont commencé aussi à frapper durement le Honduras voisin. L’adolescente âgée de 13 ans est morte dans les décombres d’une maison de San Pedro Sula (nord), qui s’est effondrée dans un quartier inondé d’où 400 personnes ont été évacuées.

Des pluies diluviennes s’abattaient mardi sur les ports de La Ceiba et de Tela, sur la côte du Honduras (nord). Plus d’une centaine de personnes ont été évacuées après que les rivières en crue Lean et La Masica sont sorties de leurs lits.

Le Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM) a annoncé apporter un «soutien logistique et en télécommunications, avec des dépôts mobiles (de vivres), des bureaux en préfabriqué, des générateurs électriques, des radios et des liaisons par satellite».

Au total, «environ 520'000 habitants sont confrontés au plus fort de l’ouragan», selon le PAM.

Au Salvador, le président Nayib Bukele a déclaré sur la chaîne nationale de radio et de télévision que plus de 100’000 personnes du gouvernement, des institutions de secours, de la police et de l’armée étaient prêtes à aider la population à surmonter les conséquences de l’ouragan et a appelé à suivre des mesures préventives.

(AFP/NXP)

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