Actualisé 28.01.2009 à 09:17

Etudiant tabassé

Lourdes peines contre les meurtriers du Carnaval

La Cour d'assises de Locarno a condamné mardi soir les agresseurs de l'étudiant Damiano Tamagni à deux fois dix ans de réclusion et deux ans et demi de détention.

Les deux principaux inculpés ont été reconnus coupables de meurtre, le troisième prévenu d'agression.

Il a fallu plus de treize heures de délibérations à la Cour d'assises pour parvenir à un verdict qu'elle a défini «exemplaire».

L'accusé reconnu coupable d'agression devra purger quatorze mois effectifs sur la peine de deux ans et demi. A l'énoncé du jugement, les parents des deux principaux inculpés ont fondu en larmes et quitté la salle d'audiences bondée.

Pression populaire énorme

Présidée par le juge Mauro Ermani et composée de sept jurés populaire, la cour d'assises siégeait depuis lundi dernier dans un procès très suivi et médiatisé au Tessin. «La pression populaire a été énorme» a précisé le juge Ermani, «mais nous avons jugé en notre âme et conscience.»

La cour a entièrement confirmé l'acte d'accusation de la procureure Rosa Item. Le vendeur de commerce de 20 ans, pour lequel l'avocat demandait le sursis, n'a pas seulement poussé l'étudiant de 22 ans, battu à mort le 1er février 2008 dans une ruelle de Locarno, il l'a aussi frappé lorsqu'il était à terre. Le coup qu'il a porté à la victime n'étant pas mortel, il est donc coupable d'agression.

Réactions de rage et xénophobie

Les deux autres prévenus, un apprenti en installation sanitaire de 19 ans et un apprenti peintre en bâtiment de 22 ans, ont en revanche provoqué la mort de Damiano Tamagni, en le frappant à la tête lorsqu'il gisait déjà à terre. Leurs coups de pied ont provoqué la rupture de l'artère cervicale, entraînant le décès du jeune Tessinois.

Reconnus coupables de meurtre par dol éventuel, ils ont été condamnés à dix ans de réclusion chacun. La procureure avait requis dix ans et dix ans et demi, les avocats de la défense trois ans pour agression.

Tous trois d'origine croate mais deux d'entre eux également citoyens suisses, les prévenus s'en étaient pris à la victime, durant le carnaval de Locarno, sans motif apparent. La mort tragique de cet étudiant au Polytechnicum de Locarno avait déchaîné une vague de rage et de xénophobie dans tout le canton.

(ats)

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