Genève: Luc Barthassat flingue son successeur à la mobilité

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GenèveLuc Barthassat flingue son successeur à la mobilité

L'ex-magistrat accuse son collègue de parti Serge Dal Busco de mentir dans le dossier des motos sur les voies de bus. Le président du PDC s'énerve.

par
David Ramseyer
Luc Barthassat, ex-conseiller d'Etat chargé du Département des transports, est connu pour son amour des grosses cylindrées.

Luc Barthassat, ex-conseiller d'Etat chargé du Département des transports, est connu pour son amour des grosses cylindrées.

Keystone/Martial Trezzini

«Motos dans les voies de bus (...) Le gouverne...Ment.» Visiblement, l'ancien conseiller d'Etat PDC Luc Barthassat a toujours en travers de la gorge le récent arrêt du test à la route des Jeunes, qu'il avait initié il y a un an.

Posté ce mardi sur son compte Facebook, ce «jeu de mots ironique», comme le décrit l'ex-magistrat chargé de la mobilité, vise directement son successeur... et camarade de parti, Serge Dal Busco, qu'il accuse d'avoir allumé les feux de la polémique. «C'est lui qui a commencé à provoquer en décidant de stopper une expérience dont il sait qu'elle marchait très bien, affirme Luc Barthassat, sévèrement battu aux élections le 6 mai dernier. Il a taclé tout le monde avec cette décision.» De son côté, l'Etat doute du succès de ce premier test de deux-roues sur les voies de bus. Un autre se poursuit ailleurs dans le canton, à la route de Ferney.

«Dans un esprit pacifique»

Ce n'est pas la première fois que l'ancien magistrat PDC dénonce publiquement la position de son camarade sur ce sujet. Qu'à cela ne tienne. Depuis le 1er juin, «je suis redevenu un simple citoyen, qui fait notamment partie du milieu des motards et défend ses intérêts». Mais, promis, Luc Barthassat le fait dans «un esprit pacifique. Je veux calmer le jeu».

Contacté, le conseiller d'Etat Serge Dal Busco estime que «la situation est simple et ne mérite pas une telle agitation. La période d'essai s'est terminée à la fin de la précédente législature - le 27 mai exactement - à une date où mon prédécesseur était toujours en fonction. J'ai confirmé la fin de l'essai. Rien n'est décidé pour la suite».

Le président du parti démocrate-chrétien genevois, lui, se dit «franchement énervé. Luc Barthassat s'épanche sur les réseaux sociaux mais n'est jamais venu nous parler. Son attitude est inadmissible!» accuse Bertrand Buchs. Ce dernier rappelle la tradition, que «tout le monde a jusqu'ici toujours respectée», qui veut qu'un conseiller d'Etat sortant ait un devoir de réserve vis-à-vis de ses ex-collègues et de son successeur. «Luc Barthassat doit respecter cela.» Le président du PDC prévoit une discussion au retour des vacances de l'ancien magistrat.

Faire le deuil de la défaite

De son côté, le milieu des deux-roues motorisés regarde passer les missiles. «Ce n'est pas à nous de commenter les déclarations de Monsieur Barthassat, souligne Aristos Marcou, porte-parole de l'association Génération 2 Motards. Nous ne voulons pas entrer en confrontation avec le nouveau conseiller d'Etat Serge Dal Busco, que nous souhaitons rencontrer». Un courrier en ce sens est d'ailleurs parti ce mardi.

Membre du comité de l'Association transport et environnement (ATE), Thomas Wenger admet que l'ex-responsable de la mobilité a parfaitement le droit de s'exprimer en tant que citoyen. «Mais il devrait éviter d'attaquer son successeur à feu nourri comme le veut le traditionnel devoir de réserve des anciens membres de l'Exécutif». Pour le député socialiste, «Luc Barthassat a dérapé. Il n'a pas été réélu, il doit maintenant faire son deuil».

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