Tennis - Wimbledon: Lucas Pouille, disciple de «Fedrinka»
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Tennis - WimbledonLucas Pouille, disciple de «Fedrinka»

Le Français Pouille affronte mercredi Berdych pour son premier quart en Grand Chelem. La proximité qu'il entretient avec Federer et Wawrinka n'y est pas étrangère.

par
Mathieu Aeschmann
Au contact des Suisses, Lucas Pouille a augmenté son volume de travail.

Au contact des Suisses, Lucas Pouille a augmenté son volume de travail.

photo: AFP

Lucas Pouille, 22 ans, est un garçon consciencieux et responsable. «Depuis toujours, il a un projet. En ce sens, il n'est pas très français», nous glissait, lundi, un confrère hexagonal dans un sourire à moitié crispé.

Le Nordiste a investi dans un physiothérapeute dès l'âge de 18 ans, il a engagé un préparateur physique issu du rugby (Pascal Valentini) et s'en est allé vivre à Dubaï pour s'entraîner plus et mieux. Du coup, son Odyssée londonienne jusqu'en quart de finale (8 jours de compétition de suite) n'a rien d'une immense surprise. Surtout que «La Pouille» sait s'entourer jusque dans le choix de ses partenaires d'entraînement. Parmi les habitués : Stan Wawrinka et Roger Federer. «Ils ont été très gentils de m'accueillir à plusieurs reprises, nous a-t- il expliqué après sa victoire contre Bernard Tomic. La première fois que je suis allé m'entraîner avec Stan, j'ai été marqué par la quantité de travail qu'il met dans sa préparation. Il fait des séances hyperlongues. Chaque soir, j'étais complètement éclaté. J'en pouvais plus. Et tous les jours, on remettait ça. Avec Manu (Emmanuel Planque, son coach), on a essayé de s'en inspirer.»

En décembre, Lucas Pouille a donc augmenté son volume de travail. Et selon lui, il ne faut pas chercher plus loin sa très belle fraîcheur physique du moment. «Cet hiver, quand on est arrivé à Dubaï, on a misé sur des longues séances. Pas forcément le classique : deux fois deux heures de tennis. Mais quatre ou cinq heures d'affilée, plus le physique en fin d'après-midi.» Un virage d'inspiration suisse ?

«A Dubaï, on côtoie Roger, Severin Lüthi, Pierre Paganini. Pour nous, ce sont des exemples, des panneaux indicateurs, expliquait ce printemps Emmanuel Planque à L'Equipe. On a vu "Rodge" bosser. C'est très violent. On croit que tout est obtenu dans la facilité. Mais c'est exactement l'inverse. Il réussit l'exploit d'associer volume et qualité. On ne pensait pas qu'il y avait autant de travail. On était sciés. J'ai vu des séances de 13 heures à 21 heures, où Roger finit par enlever son short, ses chaussettes, rentre au vestiaire pieds nus et une serviette autour de la taille, pour aller direct au bain froid, tellement il est rôti… Partager ça, pour nous, c'est de la formation continue.»

Un discours repris en choeur par Lucas Pouille à Wimbledon. «Stan, c'est l'exemple même du mec qui a bossé très dur toute sa carrière pour faire partie des meilleurs du monde. Et quand tu regardes Roger, on peut croire qu'il est juste talentueux, béni des Dieux. Mais il bosse. Quand on voit ce qu'il se met après 3h45 de jeu, chapeau. D'un coup, tu comprends d'où vient le succès. Ok, il a un beau coup de raquette mais l'explication n'est pas là. Tout ça m'a fait prendre conscience de pas mal de choses. D'avoir pu partager ces moments avec eux, de le faire encore sur les tournois, c'est que du bénef.»

Depuis dix jours à Wimbledon, Lucas Pouille est en train de transformer ce «bénef» en un joli pactole. Et s'il bat Tomas Berdych tout à l'heure, sa quinzaine pourrait valoir de l'or.

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