Football - Lucerne et Celestini s’emparent de la Coupe
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FootballLucerne et Celestini s’emparent de la Coupe

Vainqueur 3-1 sans trembler de Saint-Gall au Wankdorf, le club de Suisse centrale est ivre de bonheur. Décevant, son adversaire n’était pas armé pour lui résister.

par
Nicolas Jacquier
La joie des Lucernois.

La joie des Lucernois.

Freshfocus

En finale de la Coupe de Suisse, il y a les classiques du genre, qui sont légion. Car l’on y retrouve souvent l’un ou l’autre poids lourd du football helvétique - style Young Boys (tenant du trophée), Bâle, Zurich ou Servette, parfois même deux membres du quatuor opposés entre eux. Détenant le record de participation (31, dont 19 succès), Grasshopper en a longtemps été aussi un spécialiste, tout comme le FC Sion, qui y a écrit sa légende avant de perdre sa bonne étoile en 2017.

Avec Lucerne et Saint-Gall, qui avaient rendez-vous lundi après-midi à Berne pour une affiche inédite, s’affrontaient deux outsiders, peu sinon pas du tout habitués à se retrouver à ce stade. C’était surtout pour son vainqueur l’assurance de boucler la saison en beauté, ticket d’entrée pour la Conférence League inclus, dans une ambiance très particulière. Une finale disputée en très petit comité, limité aux officiels des deux finalistes et à quelques fonctionnaires de l’ASF, sans la colorée et bruyante présence des supporters, c’est encore plus troublant qu’un match de championnat. Tout y est condensé, cloisonné, avec des émotions partagées avec les fans à distance, par procuration. À l’image de cet hymne national résonnant dans l’immensité vide du Wankdorf.

Les inspirations de Schaub et de Wehrmann

Alors que les premières occasions avaient été saint-galloises (2e, puissante frappe de Lüchinger), Lucerne allait prendre les devants en inscrivant déjà deux buts en 360 secondes. Deux buts tombés à la suite de deux actions d’école. Sur la première (27e), une inspiration d’Ugrinic libérait Schürpf dont le centre était repris par Ndiaye, l’homme de la Coupe, déjà buteur lors des trois tours précédents. Sur la deuxième (31e), Wehrmann exploitait un ballon piqué de Schaub en parvenant à mystifier Muheim grâce à un superbe enchaînement.
Le Néerlandais était moins heureux quelques minutes plus tard en perdant le ballon à mi-terrain. Sur le contre qui s’en suivait, Youan adressait un tir croisé que Müller ne pouvait que repousser dans les pieds d’Adamu pour le but d’un trop fragile espoir (42e).

Les sorties sur blessure de Zigi et Stergiou peu après l’heure de jeu perturbaient d’autant les plans de Zeidler, lequel avait lancé auparavant Guillemenot. Une habile passe de Sorgic permettait même à Schürpf d’inscrire un but synonyme de coup de grâce. Trahi à la fois par ses nerfs et la discrétion de ses Espagnols ainsi que celle de Görtler, Saint-Gall ne possédait pas les atouts pour contrer son adversaire, récompensé pour la qualité de son jeu et l’état d’esprit conquérant que ses joueurs ont affiché.

La patte Fabio Celestini

Le nouveau triomphe du FC Lucerne (après ses victoires en 1960 et 1992) porte aussi la marque de Fabio Celestini. Partout où il passe, le Vaudois fait progresser ses équipes en suivant une philosophie de jeu qu’il réussit à leur imposer. Sous sa férule, des éléments se bonifient aussi - on peut penser ici au jeune défenseur Burch ou à Ugrinic, l’une des révélations de la saison.

Après avoir soulevé la Coupe de Suisse à deux reprises avec Lausanne comme joueur (1998, 1999), Celestini remporte là son premier trophée en tant que coach. S’il est contractuellement lié à Lucerne jusqu’en 2023, sa cote est en train d’exploser. Des adresses plus huppées en Suisse ou l’opportunité d’un départ à l’étranger pourraient rapidement s’offrir à lui. YB ne cherche-t-il pas le successeur de Gerardo Seoane? Lui aussi venait de Lucerne…

Pour Saint-Gall, il s’agit de la quatrième finale perdue après ses échecs en 1945, 1977 et 1998. Sa seule victoire remonte à 1969 lorsque les Brodeurs avaient dominé Bellinzone 2-0. Le destin est particulièrement cruel pour Peter Zeidler. Quatre ans après avoir été privé de finale avec le FC Sion, qu’il avait qualifié avant d’être viré et remplacé par Sébastien Fournier, le technicien allemand n’a pas pu “réparer” ce qu’il a toujours considéré comme une injustice…

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