15.10.2020 à 16:36

GenèveL’UDC veut vider Genève des sans-papiers

Le parti agrarien souhaite que l’Etat lance une opération d’aide au retour. Le PS juge la proposition honteuse.

de
Jérôme Faas
Stéphane Florey, député UDC.

Stéphane Florey, député UDC.

TDG – M. di Matteo

L’UDC, qui ne décolère pas contre l’opération de régularisation des sans-papiers «Papyrus» menée par l’Etat en 2017 et 2018, souhaite que ce dernier initie une politique exactement inverse. Le député Stéphane Florey vient ainsi de déposer au Parlement une motion réclamant une opération d’aide au retour des sans-papiers dans leurs pays d’origine, intitulée «Reditus» (retour, en latin). Le parti invite le Conseil d’Etat «à expulser tous les sans-papiers de notre canton en cas de non-coopération de ces derniers».

Dans un exposé des motifs extrêmement virulent, le député liste les maux attribués aux sans-papiers. Pêle-mêle: ceux qui ont profité de l’opération Papyrus sont des fraudeurs, ces illégaux profitent gratuitement de nos infrastructures, écoles et hôpitaux, ils se servent de leurs enfants pour éviter d’être renvoyés, ils ne participent en rien à l’économie de notre canton, ils sont sans-papiers par choix et non par nécessité, etc… Stéphane Florey considère en outre que les clandestins occupent des emplois et des logements qui font défaut aux Genevois. «Le but, ce n’est pas l’expulsion en elle-même, c’est de dire stop, ça suffit, ces personnes doivent se déclarer.»

Le parti ne précise pas les modalités de l’opération souhaitée. «C’est à l’Etat de faire les choses, de voir en fonction de ses moyens. Il y aura forcément une part financière, mais octroyer 4000 francs aux personnes qui partent n’est pas notre but», indique Stéphane Florey, faisant référence à l’échec cuisant du plan d’aide au retour à destination des délinquants maghrébins lancé en 2012 par l’ex-conseillère d’Etat PLR Isabel Rochat.

«C’est dégueulasse»

Vice-président du parti socialiste, Romain de Sainte Marie est indigné par cette motion. «Ces personnes, si elles viennent ici, c’est parce qu’elles fuient une situation catastrophique, de pauvreté, d’exclusion, de peur pour leur vie. Elles n’arrivent pas à retourner dans leur pays. Mettre en danger la vie de ces gens, c’est honteux, surtout à Genève, un des hauts-lieux des droits de l’homme.» Il juge par ailleurs, contrairement à l’UDC, que les clandestins «participent à la production de richesse de Genève. Or, ils vivent dans la peur, soumis au diktat de leurs employeurs. Ce texte est catastrophique d’un point de vue humain. L’UDC s’en prend toujours aux plus vulnérables et jamais aux employeurs, c’est dégueulasse.»

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