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Trump banni de Twitter L’UE convaincue qu’il faut réguler le pouvoir des géants du web

Le commissaire européen Thierry Breton s’est dit «perplexe» lundi après la décision des plateformes de bannir Donald Trump alors que ce dernier est toujours en fonction. Angela Merkel juge la décision «problématique».

Le commissaire européen Thierry Breton a lancé en décembre 2020 un ambitieux projet pour mieux réglementer les principales plateformes internet. 

Le commissaire européen Thierry Breton a lancé en décembre 2020 un ambitieux projet pour mieux réglementer les principales plateformes internet.

REUTERS

«Qu’un PDG puisse débrancher le haut-parleur du président des États-Unis sans autre forme de contrôle et de contre-pouvoir fait plus qu’interpeller», juge le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, dans une tribune publiée lundi par «Le Figaro» et le site américain Politico. Il souligne que les plateformes «ne pourront désormais plus se dérober à (leur) responsabilité» sur leurs contenus et que cela justifie les projets européens de régulation des géants du numérique.

«Tout comme le 11 Septembre a marqué un changement de paradigme pour les États-Unis, voire le monde, il y aura, s’agissant des plateformes numériques dans notre démocratie, un «avant et un après» 8 janvier 2021», date à laquelle Twitter a suspendu de façon permanente le compte de Donald Trump, deux jours après les émeutes de ses partisans qui ont envahi le Capitole pendant plusieurs heures, affirme l’ancien ministre français de l’Economie.

Le 7 janvier, Facebook et d’autres services comme Snapchat ou Twitch ont aussi suspendu le profil du locataire de la Maison Blanche pour une durée indéterminée.

«Cette date restera comme la reconnaissance par les plateformes de leur responsabilité éditoriale et des contenus qu’elles véhiculent. Une sorte de 11 Septembre de l’espace informationnel», poursuit-il.

«Cette réaction sans précédent des plateformes en réponse aux attaques du symbole de la démocratie américaine laisse cependant perplexe: pourquoi n’ont-elles pas réussi à bloquer plus tôt les «fake news» et les discours de haine qui ont conduit à l’attaque de mercredi dernier?», interroge Thierry Breton. «Pertinente ou non, la décision de censurer un président en exercice peut-elle être décidée par une entreprise sans contrôle légitime et démocratique?»

Pour Thierry Breton, qui a présenté mi-décembre les projets européens de législation -le Règlement sur les services numériques (DSA en anglais) et le Règlement sur les marchés numériques (DMA)- pour tenter de mettre fin aux dérives des géants du numérique accusés d’abuser de leur pouvoir, «ces événements démontrent que nous ne pouvons plus rester les bras croisés et nous fier à la seule bonne volonté des plateformes».

«Nous devons fixer les règles du jeu et organiser l’espace informationnel avec des droits, obligations et garanties clairement définis», a-t-il dit. «L’Union européenne et la nouvelle Administration américaine auront intérêt à unir leurs forces, en alliées qu’elles sont du monde libre», a exhorté le commissaire.

Décision «problématique»

La chancelière allemande Angela Merkel a jugé «problématique» le bannissement de Donald Trump de plusieurs plateformes, a indiqué lundi son porte-parole.

«Il est possible d’interférer dans la liberté d’expression, mais selon les limites définies par le législateur, et non par la décision d’une direction d’entreprise.» La chancelière voit comme «problématique que les comptes du président américain sur les réseaux sociaux soient fermés définitivement.»

(AFP)

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27 commentaires
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Jean Connais

12.01.2021 à 17:48

Si je suis daccord sur le fond, je ne suis pas d'accord sur la forme. Là, Twitter & Co, vite fait réglé. Qu'auraient faits nos braves démocraties ? Face aux propos aineux, violents, etc. elles auraient d'abord commencé à s'en offusquer, puis débats aux chambres et le compteur tourne, après quelques semaines, mois peut-être, voilà qu'une commission sera nommée de savantes personnes, grassement payées, faut-il le rappeler. Au bout des quelques mois où années, un rapport sera présenté avec des recommandations... Soyons réalistes. Nous ne sommes même pas capables de nous mettre d'accord s'il faut porter un masque dans les trains ou ailleurs... Il y a trop de voix au chapitre. Il y a besoin d'un bon coup de bâton et de balais aussi. Pour revenir à notre ami Donald, je lui reconnais un seul et unique mérite : avoir mis la Chine au pas et ce n'est pas fini car franchement vraiment ras le bol du Made in China. Même mes médics sont faits en Chine. Politiciens de tout bords réveillez-vous. Merci

Willy-m

12.01.2021 à 16:54

S'accrocher le maître mot, partie trop tard non pas par manque d'information, mais par manque de courage et une législation lacunaire.

contre

12.01.2021 à 14:34

pour ma part, je n'est pas Face de Bouc et consorts, et je me sens très bien sans eux, et cela faits des années que ça dure.