Transport aérien: Lufthansa opposée aux «subventions d'Etat»

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Transport aérienLufthansa opposée aux «subventions d'Etat»

Le patron de la compagnie aérienne allemande a réaffirmé son opposition aux subventions alors que Lufthansa va coopérer avec Etihad Airways.

Carsten Spohr: «Ce n'est pas un secret que la Lufthansa a toujours été et reste une opposante aux subventions d'Etat.»

Carsten Spohr: «Ce n'est pas un secret que la Lufthansa a toujours été et reste une opposante aux subventions d'Etat.»

AFP

Le patron de Lufthansa a redit son opposition aux subventions d'Etat aux compagnies aériennes en signant mercredi un accord de coopération avec Etihad Airways. Cette dernière est accusée par ses concurrentes occidentales d'être dépendante du soutien du gouvernement d'Abou Dhabi.

«Ce n'est pas un secret que la Lufthansa a toujours été et reste une opposante aux subventions d'Etat», a déclaré Carsten Spohr lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue d'Etihad James Hogan à Abou Dhabi.

Il a expliqué que le partenariat devait être basé sur «l'ouverture et l'équité», ajoutant que les deux groupes pouvaient avoir des divergences et devenir malgré cela «des partenaires à succès».

Les deux compagnies aériennes ont déclaré mercredi qu'un accord de partage de codes avait pris effet. Elles ont aussi conclu un accord de 100 millions de dollars (98,2 millions de francs) sur la restauration et ont signé un protocole d'accord portant sur l'ingénierie.

Critique récurrente

Depuis des années, des compagnies américaines et européennes accusent leurs homologues du Golfe en pleine expansion (Emirates, Etihad et Qatar Airways) de recevoir des subventions d'Etat. Les compagnies du Golfe rejettent ces accusations.

Carsten Spohr a dit aux journalistes qu'il voudrait voir les règles de l'Organisation mondiale du commerce appliquées à l'aviation, comme c'est déjà le cas «pour d'autres industries mondiales». Mais il a estimé que les relations entre gouvernements et compagnies aériennes risquaient de se renforcer au moment où «nous voyons une vague de protectionnisme à travers le monde».

Plus tôt cette semaine, Carsten Spohr avait rejeté des spéculations sur une éventuelle prise de participations d'Etihad dans la Lufthansa.

Interrogé sur un possible rachat d'Air Berlin, détenu par Etihad à hauteur de 29%, il avait listé un ensemble de pré-requis, comme un feu vert des autorités de la concurrence et une solution acceptable concernant les dettes importantes d'Air Berlin. La petite compagnie allemande en difficulté a conclu à l'automne un accord pour louer au groupe Lufthansa 38 de ses appareils (équipages compris).

Politique d'expansion

Sous la direction de James Hogan, Etihad a poursuivi une politique d'expansion et de prises de participations, notamment dans des compagnies européennes, politique qui s'est avérée peu payante. Le 24 janvier, le groupe a annoncé le prochain départ de M. Hogan et un réexamen de la stratégie d'Etihad.

Mercredi, ce patron australien a défendu ses décisions, affirmant que les actionnaires soutenaient la stratégie qui «continuera d'être affinée». «Les partenariats sont au coeur de notre stratégie», a-t-il encore dit. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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