Fraude électorale: Lumengo quitte le PS mais reste à Berne
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Fraude électoraleLumengo quitte le PS mais reste à Berne

Le conseiller national Ricardo Lumengo a décidé de quitter le parti socialiste. Il n'entend toutefois pas démissionner du Conseil national.

Ricardo Lumengo refuse de quitter le Conseil national tant qu'il n'a pas été condamné par un jugement définitif.

Ricardo Lumengo refuse de quitter le Conseil national tant qu'il n'a pas été condamné par un jugement définitif.

Condamné pour fraude électorale, le conseiller national Ricardo Lumengo a décidé de quitter le Parti socialiste (PS). Le Biennois n'entend toutefois pas démissionner du Conseil national tant qu'il n'a pas été condamné par un jugement définitif.

«J'ai le devoir de continuer à m'engager en faveur de celles et ceux qui m'ont élu», a-t-il écrit mardi dans un communiqué. Il laisse ouverte la question relative à sa carrière politique dans la perspective des élections fédérales de 2011 et une éventuelle adhésion à un autre parti.

En revanche, il va remettre «demain à la poste» sa lettre de démission et sa carte de membre du PS. La décision n'a pas été facile mais cette solution apparaît comme la meilleure pour lui-même et le parti, précise le politicien d'origine angolaise.

A l'issue du procès de jeudi passé, le PS Suisse et sa section bernoise avaient demandé la démission de Ricardo Lumengo du Conseil national, estimant qu'une fraude électorale ne saurait être excusée.

Le PS bernois déçu

Le PS bernois se déclare déçu par la décision de son élu de ne pas quitter le National. «Dans nos entretiens avec lui, nous avons pourtant toujours convenu qu'en cas de condamnation en première instance, nous demanderions sa démission du Conseil national. Ricardo Lumengo lui-même s'est exprimé publiquement en ce sens», précise le président de la section cantonale Roland Näf, cité dans un communiqué.

Le PS bernois a mené des «discussions intensives» avec M. Lumengo samedi et lundi. Il n'était à aucun moment question d'une exclusion du parti, car le politicien a commis une erreur mais pas un crime. La section bernoise pensait pouvoir trouver une solution avec lui. Elle regrette donc que ce ne soit plus le cas et se dit surprise par sa décision.

Le Parti socialiste romand (PSR) de Bienne «prend acte avec regret de la décision de Ricardo Lumengo de quitter le PS Suisse». A aucun moment il n'a souhaité pareille issue, mais respecte sa décision. Le PSR espère que M. Lumengo «n'oubliera pas de défendre à la Chambre du peuple les valeurs pour lesquelles il avait été élu en 2007» et souhaite aussi que la justice puisse rétablir son honneur.

De son côté, Ricardo Lumengo se déclare déçu du PS, dans un entretien publié sur le site Internet Newsnetz. Ce qui l'a le plus dérangé, c'est qu'on ne lui ait pas dit directement qu'on ne pouvait plus le tolérer. «Cela fait mal», dit-il.

Fraude contestée

Le parlementaire fédéral a été condamné à 10 jours-amende à 180 francs par jour avec sursis et à une amende de 540 francs. Elu il y a trois ans au National, le socialiste a admis avoir rempli de sa main 44 bulletins de vote à son nom lors des élections de 2006 au Grand Conseil.

Mais il assure avoir voulu aider des électeurs qui l'approchaient pour savoir comment exercer le droit de vote. Il a toujours contesté la fraude électorale. Après le jugement, M. Lumengo a fait appel et déclaré que tant qu'il n'a pas été condamné en deuxième instance, il se considère comme innocent.

Carrière fulgurante

Agé de 48 ans, Ricardo Lumengo a été en 2007 le premier politicien noir à être élu au Conseil national. Il est arrivé en Suisse en 1982, fuyant son pays, l'Angola, en guerre civile.

Sa trajectoire politique fulgurante l'a mené au Parlement de la ville de Bienne en 2004, puis au Grand Conseil bernois en 2006 et un an plus tard déjà au Parlement fédéral. Il ne s'y est jusqu'à présent guère mis en évidence, même s'il siège au sein de l'influente commission des affaires étrangères. Avec la démission de son parti, il devra très vraisemblablement céder ce siège. (ats)

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