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GenèveL’Uni en appelle aux siens pour aider ses étudiants

Les demandes d’aide d’universitaires privés de leur emploi d’appoint en raison du Covid ont bondi. L’institution lance un appel aux dons auprès de ses collaborateurs et des anciens de l’UNIGE.

par
David Ramseyer
KEYSTONE/Martial Trezzini

«Jeanne remet depuis des mois un rendez-vous urgent chez son dentiste, son salaire d’appoint s’est arrêté fin mars. Emilie travaillait le soir dans un fast-food, elle n’arrive plus aujourd’hui à payer son loyer.» C’est ainsi que s’ouvre un mail adressé la semaine passée aux alumni, les anciens étudiants de l’Université de Genève. L’institution les invite, tout comme ses propres collaborateurs, à faire un don en faveur de ceux qui étudient aujourd’hui au sein de l’alma mater. Des centaines d’entre eux ont en effet glissé dans la précarité: ils ont perdu leur job d’appoint, effacé par la crise du Covid. Cet automne, 1100 nouvelles demandes d’aide ont ainsi été enregistrées; soit une hausse de 35% par rapport à la même période, l’an passé.

«Pour couvrir leurs dépenses de première nécessité, beaucoup travaillaient dans les secteurs les plus sévèrement touchés par la pandémie, comme la restauration ou l’événementiel», relève l’Unige. Aujourd’hui, de nombreux universitaires tirent la langue pour payer leur loyer, leur nourriture, ou encore du matériel informatique, indispensable, puisque de nombreux cours ne sont plus donnés qu’en ligne, en raison des restrictions Covid.

Brésiliens et Japonais à la rescousse

Lors du premier confinement, plus d’un millier d’étudiants ont bénéficié d’un plan d’aide interne exceptionnel de 3,6 millions de francs (ndlr: en plus des 2 millions de soutien budgétés chaque année). «Cette manne a été épuisée pour répondre aux sollicitations de la première vague, raison pour laquelle nous lançons cet appel, relève Marco Cattaneo, porte-parole de l’Unige. En parallèle, nous continuons à financer des aides, mais les besoins supplémentaires sont énormes.» Le premier jour de l’opération, soit le 8 décembre, 44’000 fr. ont été récoltés et «de nouveaux dons s’ajoutent toutes les heures». L’alma mater se félicite notamment de «l’importante mobilisation des alumni. Les dons, de quelques francs à plusieurs milliers, arrivent de Suisse mais aussi du Canada, du Brésil, du Japon ou encore des États-Unis.» L’opération se poursuivra jusqu’à la fin de l’année académique, l’été prochain. Aucun montant limite à la récolte n’a été fixé.

Le syndicat estudiantin CUAE (Conférence universitaire des associations d’étudiantEs) relève que de manière générale, l’institution «a bien soutenu les étudiants sur le plan financier pendant toute la crise» et il applaudit l’action qui vient d’être lancée. Mais il émet un bémol: «Solliciter tout le personnel pour un don, c’est parfois se tromper de cible, estime Hugo Molineaux, secrétaire permanent de la faîtière. Les assistants, par exemple, sont peu rémunérés et on les culpabilise avec cet appel aux dons. Il aurait été plus judicieux de s’adresser aux hauts salaires de l’université, voire aux pouvoirs publics.»

La crise est moins aiguë côté vaudois

Le contexte est différent de l’autre côté de la Versoix. À l’Université de Lausanne (Unil), pas de récolte de dons au programme, et pour cause. «Nous avons eu moins de demandes d’aide lors de la deuxième vague que pendant la première, annonce Cédric Rychen, directeur des affaires sociales de l’alma mater. C’est un peu surprenant, mais sans doute que cela s’explique notamment parce que dans le canton de Vaud, tous les commerces – pourvoyeurs de petits emplois pour les étudiants – sont restés ouverts, contrairement à ce printemps, et à la différence de Genève cet automne.» Les universitaires lausannois dans le besoin peuvent compter sur l’aide du fonds social de l’université, ainsi que sur le soutien, à hauteur de plusieurs dizaines de milliers de francs, de la Société académique vaudoise et de mécènes privés. Par ailleurs, des discussions sont à bout touchant avec le Canton pour créer un fonds d’urgence en faveur des hautes écoles vaudoises.

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225 commentaires
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Detestables

14.12.2020 à 09:54

“Les espaces commentaires sont devenus un lieu de défouloir pour frustrés illettrés, d’insultes ou de débats hours-sujet et sans intérêt” - Monique Dagnaud Je ne sais même pas pourquoi je m’étonne des idioties que je lis dans les commentaires ici. Cultivez-vous et apaisez vos âmes, ça vous fera le plus grand bien à tous.

Zzzzzzzzzzz

14.12.2020 à 09:40

Les étudiantes savent comment faire avec les sugar daddy elles donnent toutes leurs corps maintenant

bernasconi Bernex

14.12.2020 à 09:34

UDC Genève à un problème avec la médaille des chiens. A l'aide ! Verre de rouge offert à bernex