Affaires étrangères: L’Union européenne décide de nouvelles sanctions ciblées contre la Russie
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Affaires étrangèresL’Union européenne décide de nouvelles sanctions ciblées contre la Russie

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont dits prêts à sévir contre les violations des droits dans plusieurs pays, notamment concernant le cas d’Alexeï Navalny. Ils ont aussi dénoncé le coup d’État militaire en Birmanie.

Le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, parle à la presse alors qu’il arrive pour assister à une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE à Bruxelles.

Le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, parle à la presse alors qu’il arrive pour assister à une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE à Bruxelles.

AFP

Russie, Venezuela, Hong Kong, Belarus: réunis lundi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l’UE vont sévir contre les violations des droits dans ces pays et se sont dits «prêts» à sanctionner le coup d’État militaire en Birmanie - mais les sanctions ciblées ont peu d’effet, déplorent les partisans d’actions plus musclées.

L’opposant russe Alexeï Navalny l’a dit crûment aux députés européens en novembre 2020, pendant sa convalescence en Allemagne, où il a été soigné après avoir été empoisonné en Russie. «L’UE devrait cibler l’argent, les oligarques, pas seulement les anciens oligarques, mais les nouveaux, membres du cercle proche de Poutine», a-t-il lancé.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont décidé, lundi, l’adoption de nouvelles sanctions ciblées contre les responsables des poursuites judiciaires engagées contre l’opposant russe Alexei Navalny, ont indiqué plusieurs diplomates.

Un «accord politique» pour de nouvelles sanctions ciblées a été trouvé au cours de la réunion et le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a été chargé de proposer une liste de noms de responsables russes à sanctionner, mais aucun oligarque ne devrait être concerné, ont précisé les diplomates.

Interdiction de visa et gel des avoirs

Les proches d’Alexeï Navalny leur ont soumis des listes de personnalités du premier cercle du président, mais «il n’est guère possible de sanctionner les oligarques. Nous ne pouvons agir que contre des fonctionnaires, et cela uniquement si nous avons des preuves», a souligné le chef de la diplomatie du Luxembourg, Jean Asselborn.

Les sanctions européennes consistent en une interdiction de visa et un gel des avoirs dans l’UE pour les personnes ou entités concernées.

Les Européens restent divisés face au Kremlin. «Nous devons chercher des façons de dialoguer avec Moscou, nous avons besoin de l’aide de la Russie dans nombre de conflits internationaux», a fait valoir le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Moscou se tient «prêt à réagir» en cas de «nouveau cycle de mesures restrictives, unilatérales, illégitimes», a averti l’ambassadeur russe auprès de l’UE, Vladimir Chizhov, dans un entretien au quotidien allemand Die Welt.

Trente noms sur la liste noire de la Birmanie

La réaction au coup d’État en Birmanie a été le premier point discuté par les ministres. L’UE se «tient prête» à adopter des sanctions contre les militaires, si ses appels à la «désescalade» ne sont pas suivis, indiquent les conclusions adoptées après la discussion.

De nouvelles sanctions contre le régime de Nicolas Maduro, au Venezuela, doivent également être discutées, a-t-on indiqué de sources diplomatiques. Une trentaine de noms devraient être ajoutés à la liste noire de ce pays.

Les ministres doivent par ailleurs faire le point sur les mesures adoptées contre la répression menée à Hong Kong, où le principe «un pays, deux systèmes» est remis en cause par la Chine. «Nous devons voir s’il faut faire plus», a confié un diplomate européen.

Leviers économiques

L’emprisonnement et le harcèlement contre les journalistes au Belarus pourraient également être punis. Mais trois trains de sanctions ont déjà été adoptés contre le régime et le président Alexandre Loukachenko a été inscrit sur la liste noire sans aucun effet. Et le soutien affiché de Vladimir Poutine conforte Minsk.

Les critiques se multiplient contre l’inefficacité des sanctions ciblées européennes. «L’Europe ne devrait pas avoir peur d’utiliser ses leviers économiques contre la Russie», soutient Ian Bond, directeur pour les affaires de politique internationale au Centre for European reform (CER).

Mais «il ne faut pas attendre une approche unie», déplore l’Italien Gianni Rotta, expert en désinformation, auprès de la Commission européenne. «L’UE est confrontée à une pandémie et à des difficultés économiques croissantes, à une dépendance au gaz russe et compte quelques pays membres qui sympathisent avec le Kremlin ou sont dominés par des partis populistes alimentés par la Russie», a-t-il expliqué dans un entretien pour le centre Carnegie Europe.

(AFP)

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