L’Université de Genève lève le voile sur l’addiction à la cocaïne
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DroguesL’Université de Genève lève le voile sur l’addiction à la cocaïne

Une étude de l’UNIGE a permis d’identifier le rôle de la sérotonine lors de la prise de cocaïne. On sait ainsi pourquoi l’addiction à cette drogue ne concerne «que» 20% des consommateurs.

Un consommateur de cocaïne sur cinq devient addict. 

Un consommateur de cocaïne sur cinq devient addict.

AFP (image prétexte)

Contrairement à la croyance populaire, «seul» un consommateur de cocaïne sur cinq développe une addiction. Mais pourquoi? Dans un étude parue le 10 septembre 2021 dans le magazine Science, des neuroscientifiques de l’Université de Genève expliquent que lors de sa consommation, la cocaïne déclenche une «augmentation massive» de sérotonine dans le cerveau. Et c’est ce messager chimique qui agit comme une sorte de frein à la dopamine, le neurotransmetteur à l’origine de l’addiction.

En bref, l’addiction intervient lorsqu’un déséquilibre se créé entre ces deux neurorégulateurs et que la dopamine «supplante la sérotonine».

Dépendance et addiction, différentes!

Attention à ne pas confondre addiction et dépendance, qui n’ont pas la même signification. L’addiction se définit comme étant «la recherche compulsive d'une substance malgré les conséquences négatives». La dépendance «se caractérise par la survenue d'un symptôme de sevrage». Cette dernière «touche tout le monde, tandis que l’addiction n’affecte qu’une minorité de consommatrices et de consommateurs, même après une exposition prolongée.»

Le même principe s’applique à tous les produits potentiellement addictifs. Selon Christian Lüscher, professeur à la Faculté de médecine de l’UNIGE, «quasiment tous les adultes en Suisse consomment de temps à autre de l’alcool, qui est un fort stimulateur du système de récompense. Or, seule une petite partie d’entre eux deviendra alcoolique.»

Pas tous égaux

L’objectif de telles recherches est de comprendre en détails les réactions du cerveau lors de la prise de substances. Il est également question de savoir pourquoi certaines personnes sont plus vulnérables à l’addiction que d’autres.

Les chercheurs genevois souhaitent désormais s’intéresser aux effets des autres drogues sur les individus, notamment les opiacés, connus pour être plus addictifs que la cocaïne, et la kétamine, qui l’est moins.

(com/szu)

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