Contraception: L’usage de la pilule recule… sauf dans l’esprit des hommes
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ContraceptionL’usage de la pilule recule… sauf dans l’esprit des hommes

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à se détourner de la pilule contraceptive. Paradoxe: les hommes sont de plus en plus nombreux à savoir quand elles la prennent.

par
Yannick Weber
Bien qu’elle recule, la pilule reste l’un des moyens de contraception le plus utilisé en Suisse.

Bien qu’elle recule, la pilule reste l’un des moyens de contraception le plus utilisé en Suisse.

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Les témoignages se faisaient de plus en plus visibles et les chiffres des ventes le suggéraient déjà: les femmes sont de plus en plus nombreuses à se détourner de la pilule contraceptive. Lundi, l’Office fédéral de la statistique a publié un dossier qui analyse les évolutions des choix des femmes et des hommes en Suisse en matière de contraception, et les chiffres renforcent le constat.

Au niveau global, la baisse est sensible. «En 1992, plus de la moitié des femmes sous contraception prenaient encore la pilule (52%)», note l’OFS. Ce chiffre, en 2017, ne s’élevait plus qu’à 31%. Les jeunes femmes utilisent plus souvent la pilule, mais c’est aussi chez elles que la baisse est la plus remarquable: chez les femmes de 25 à 34 ans, la proportion est passée de 62% en 1992 à 39% en 2017.

Pour expliquer cette évolution, l’OFS mentionne deux raisons principales: des «scandales» sur les effets de certaines pilules sur la santé des femmes, mais aussi de nouvelles possibilités en termes de contraception, principalement les dispositifs intra utérins. Ceux-ci sont en augmentation, autant les hormonaux que ceux en cuivre, qui sont justement ceux vers lesquels optent des femmes qui arrêtent la pilule pour éviter les méthodes hormonales.

Les hommes peuvent encore faire mieux

L’OFS s’est penché sur les réponses données par les hommes à ses sondages et a remarqué un point singulier. Le nombre de femmes qui déclarent utiliser la pilule diminue, tandis que le nombre d’hommes qui déclarent que leur partenaire utilise la pilule a augmenté. L’explication réside sans doute, pour l’OFS, dans le fait que la contraception a trop longtemps été considérée comme une affaire féminine et que bon nombre d’hommes ne s’intéressaient pas toujours au moyen de contraception utilisé par leurs partenaires. Pour l’institut de statistique, on constate ces dernières années, chez les hommes, «une plus grande connaissance de la présence ou non d’une contraception chez leur partenaire». D’où l’augmentation du nombre d’hommes qui déclarent que leur partenaire prend la pilule.

Si les hommes sont plus nombreux à dire que leur partenaire prend la pilule, c’est surtout parce qu’ils ont commencé à s’intéresser au fait qu’elles la prenaient.

Si les hommes sont plus nombreux à dire que leur partenaire prend la pilule, c’est surtout parce qu’ils ont commencé à s’intéresser au fait qu’elles la prenaient.

Malgré cette tendance, la pilule reste, de loin, le deuxième moyen de contraception le plus souvent utilisé. En tête, c’est le préservatif, qui est celui auquel les hommes et femmes ont le plus recours lorsque les rapports sexuels se font dans cadre occasionnel. «79% des femmes ayant eu un partenaire sexuel occasionnel lors de leur dernier rapport rapportent avoir utilisé un préservatif contre 26% lorsque le partenaire était stable», relève l’OFS.

Enfin, pour tordre le cou à certains clichés, la baisse de l’utilisation de la pilule n’a pas été compensée par le recours à l’avortement comme nouveau moyen de contraception. L’OFS, chiffres à l’appui, explique que «les baisses observées pour certaines méthodes de contraception ne se sont pas traduites par une augmentation du nombre de grossesses non voulues et interrompues».

Le préservatif fluctue

L’ampleur de l’implication des hommes dans la contraception via le préservatif montre des fluctuations dans le temps. «L’usage du préservatif chez les hommes a fortement diminué entre 1992 et 2002, a augmenté entre 2002 et 2007 puis est redescendu dès 2007, mais une légère remontée semble se dessiner depuis 2012», note l’OFS. Son usage était plus important dans les années 90, lorsque la prévention contre le VIH les y avait fortement incités. Avec l’arrivée de traitements contre ce virus «et avec la «normalisation» du sida, l’utilisation du préservatif diminue nettement», dit l’OFS.

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303 commentaires
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Sabine Carouge

23.02.2021, 15:21

Moi je préfère que mon partenaire me la mette danslecul. Du coup, aucun risque de tomber enceinte et plus besoin de la pillule.

Conscience

23.02.2021, 14:09

L'avortement n'est pas une avancée, elle empêche la venue au monde d'un être vivant. C'est donc un crime pour lequel je suis contre.

Pille

23.02.2021, 10:47

La pillule, maintenant décriée, a été un immense progrès social, sauvant des miliers de vie en évitant le malheur des grossesses non désirées à répétition. Maintenant, il y a d'autres moyens moins invasifs, plus faciles à utiliser et très intéressants. Pourquoi parle-t-on si peu du slip chauffant et du stérilet par exemple ?