Attentats à Paris: «Ma femme m'a dit de ne pas aller travailler»
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Attentats à Paris«Ma femme m'a dit de ne pas aller travailler»

Les Parisiens ont été replongés dans l'ambiance qui a suivi le 7 janvier dernier. Mais la vie continue, tant bien que mal.

par
Joel Espi
Paris
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23.06 Selon Le Soir, Salah Abdeslam a été retenu pendant 30 minutes par des gendarmes français, le 14 novembre. Ils n'avaient pas reçu d'informations concernant sa radicalisation.

23.06 Selon Le Soir, Salah Abdeslam a été retenu pendant 30 minutes par des gendarmes français, le 14 novembre. Ils n'avaient pas reçu d'informations concernant sa radicalisation.

BFM TV
16.06 Un lycéen de 17 ans raconte à BFM TV sa rencontre avec Salah Abdeslam, avec qui il a passé une partie de la nuit qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015.

16.06 Un lycéen de 17 ans raconte à BFM TV sa rencontre avec Salah Abdeslam, avec qui il a passé une partie de la nuit qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015.

Capture d'écran BFM TV

«Avec tous les morts qu'il y a eu, on connait forcément quelqu'un qui a été touché.» Regards sombres, yeux rivés sur leur téléphone portable, Chloé et Victor consultent les dernières nouvelles, à deux pas du Bataclan. «Il parait que Daesh a envoyé un communiqué, qu'il risque d'y avoir des attaques dans le XVIIIe», ajoute le jeune homme. Comme énormément de gens du quartier, les deux jeunes, assis à la terrasse d'un café, se disent «déstabilisés». Un retraité vivant dans le quartier refuse de rester reclus chez lui. «Cette situation me rappelle la guerre d'Algérie. Mais on ne va pas s'arrêter de vivre à cause de huit bons hommes formés pour tuer sans savoir pourquoi», peste-t-il.

Si la vie continue dans le XIe arrondissement de Paris, comme dans le reste de la Capitale, beaucoup se rappellent les événements de janvier et disent «se remettre dans l'ambiance qui a suivi les attentats». Hier soir, les téléphones des Parisiens ont crépité. «On m'a même demandé des nouvelles depuis le Mexique», raconte Chloé. Chacun a reçu des appels et des messages de Province ou de l'étranger, tandis que les premières nouvelles de connaissances blessées ou tuées tombaient. Samedi matin, beaucoup de gens étaient encore sans nouvelles.

Madjid, lui, se dit dévasté. L'air hagard, ce crêpier écoute à plein volume les nouvelles à la radio. «Ma femme enceinte m'a dit de pas venir travailler ce matin...» L'homme, qui travaille à moins d'un kilomètre du drame, a entendu des coups de feu la veille en allant prendre le métro. Comme beaucoup, il a cru à des pétards. En évoquant la situation, il verse une larme, puis s'excuse. Son téléphone sonne, un proche qui souhaite prendre de ses nouvelles.

Du côté des deux cafés touchés, quelques centaines de mètres plus loin, c'est la cohue. A l'exception des autres zones, le pâté de maisons n'a pas été bouclé. Les gerbes de fleur viennent tant que possible adoucir les scènes d'horreur: des trottoirs maculés de sang, des gens hébétés ou en pleurs. Depuis, les lieux ont été nettoyés et les Parisiens, pour la plupart, se demandent encore s'ils sortiront ou non ce soir.

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