03.10.2018 à 22:50

Zurich«Ma fille a besoin d'aide... même contre son gré»

Une mère est inquiète parce que sa fille adolescente veut vivre dans la rue. Elle accuse l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte de ne rien faire.

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tam/ofu
Cette maman ne dort plus la nuit parce qu'elle ne sait  pas où est sa fille.

Cette maman ne dort plus la nuit parce qu'elle ne sait pas où est sa fille.

Thomas Mathis

Une habitante de Bonstetten (ZH) a récemment accueilli chez elle une adolescente. La jeune, qui affirme vivre dans la rue depuis plusieurs mois, a dormi une nuit au domicile de la trentenaire avant de repartir. «Son histoire m'a choquée», raconte la Zurichoise, mercredi à «20 Minuten».

Inquiète, l'Alémanique a contacté dès le lendemain l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA). Or la personne au bout du fil lui a dit qu'elle ne pouvait rien faire dans ce cas-là. «C'est juste tragique. La situation est inacceptable», s'énerve la trentenaire. «On ne m'a même pas prise au sérieux quand j'ai formulé mon avis de détresse!»

«20 Minuten» est parvenu à contacter la mère de l'adolescente. Elle souhaite rester anonyme, mais tient à préciser qu'elle a déjà déposé trois avis de détresse auprès de l'APEA concernant sa fille. «Je voudrais qu'elle fasse quelque chose, mais pour l'instant il ne s'est rien passé. Ma fille ne rentre pas pendant des jours et traîne avec des marginaux.»

La femme précise que tout le village est au courant de la situation et que malgré tout, l'APEA n'intervient pas auprès de sa fille et la laisse vivre dans la rue. «Je ne dors plus la nuit parce que je ne sais pas comment se porte mon enfant.» L'Alémanique précise que sa fille dispose d'une clé de la maison et qu'elle peut rentrer quand elle veut. «Mais je ne peux pas l'empêcher de dormir dehors.» Selon la maman, tous les séjours en foyer et les prises en charge psychologiques n'ont servi à rien.

La mère est convaincue que sa fille a besoin d'aide. Et cela même contre son gré. Or l'APEA estime que la jeune ne représente ni un risque pour elle-même ni pour les autres. Elle précise par ailleurs que l'ado est bientôt adulte et qu'elle refuse d'aller vivre dans un foyer.

Contactée, l'APEA d'Affoltern (ZH) n'a pas souhaité s'exprimer sur l'affaire en question pour des questions de protection de la personnalité. De manière générale, l'autorité explique qu'un placement en institution fermée n'est possible que si la personne représente un danger pour elle-même ou pour les autres et que toutes les autres mesures prises sont restées vaines.

L'APEA précise qu'il est indispensable d'envisager des alternatives à un placement en institution fermée. Elle indique aussi que lorsqu'une décision est prise, les ados sont entendus mais ne peuvent pas décider.

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