Actualisé 23.07.2014 à 06:17

Vaud

«Ma Gouache a été tuée sans que l'on m'avertisse!»

Le berger picard d'un couple en voyage a été abattu par le garde-chasse. Il avait fui l'élevage qui le gardait et refusait d'y revenir. Récit.

de
Francesco Brienza

Les vacances se sont interrompues brutalement pour Anita et son mari, en juin dernier. Plus précisément à la réception d'un SMS, qui leur annonçait que leur chienne, Gouache, venait d'être abattue. «Quel choc! On a mis un moment à réaliser», se souvient l'habitante de Belmont-sur-Lausanne. Le temps de son absence, le couple avait placé son berger picard de 2 ans et demi dans un élevage de la vallée de Joux, qu'il fréquentait depuis douze ans.

Mais le gardiennage a mal tourné. Gouache aurait tenté de mordre la fille de la responsable avant de s'enfuir dans les champs. Les éleveurs l'ont suivie plusieurs heures, mais ils n'ont jamais pu l'approcher: la chienne était dans un état second. C'est là que le garde-chasse a été appelé en renfort. A 19 h, il était trop tard, d'après eux, pour contacter un vétérinaire et Gouache était trop loin pour être endormie. Ensemble, ils ont évalué la situation et décidé d'abattre l'animal. Il «pouvait représenter un danger potentiel» pour l'homme, selon le surveillant de la faune. Ni le vétérinaire cantonal ni la SPA n'ont été avertis.

«Cette chienne avait des problèmes comportementaux comme je n'en avais jamais vus, assure l'éleveuse. J'ai fait tout mon possible pour éviter le pire.» Le hic: elle a aussi affirmé au garde-chasse qu'elle était la propriétaire de la chienne. Ce qui fait bondir Anita: «C'est le comble! Je suis sa maîtresse et on l'a abattue sans même m'avertir!»

La Belmontaise ne compte pas en rester là. Elle a la ferme intention de déposer une plainte: «Au total, six professionnels qui l'ont suivie attestent que la chienne est inoffensive. Ce geste inhumain ne restera pas impuni.»

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Peut-on tuer un chien sans l'accord de son maître ?

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Ce que dit la loi dans un cas comme celui-ci

La propriétaire de Gouache a décidé de saisir la justice. Si la procédure lui donne raison, l'éleveuse en question pourra être condamnée pour dommages à la propriété. Le Code pénal prévoit une peine privative de liberté jusqu'à 3 ans ou une peine pécuniaire. Elle pourra également être attaquée pour infraction à loi sur la protection des animaux. Le garde-chasse impliqué, lui, s'expose surtout à une sanction disciplinaire de l'Etat.

Le vétérinaire cantonal précise

«Un animal domestique qui représente un danger pour la sécurité publique peut être abattu, rappelle Giovanni Peduto. C'est le Code rural et foncier du canton de Vaud qui le prévoit.» S'il menace la faune, il peut aussi être tué. «Selon le cas, l'autorité compétente sera la conservation de la faune, le vétérinaire cantonal ou le préfet», ajoute-t-il. Pour cette affaire, il refuse de se prononcer: «C'est difficile à dire, d'autant plus qu'une méprise semble avoir eu lieu entre le garde-chasse et l'éleveuse.»

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