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Hockey - LNA«Ma jeune équipe n'est pas prête pour gagner le titre»

Entraîneur du HC Davos depuis 18 ans, Arno Del Curto connaît de nouveau le succès cet hiver. Il se réjouit de sa proximité avec les joueurs.

par
Laurent Morel
Davos
Le coach se félicite de lancer des espoirs comme Corvi dans le grand bain, lors des situations chaudes.

Le coach se félicite de lancer des espoirs comme Corvi dans le grand bain, lors des situations chaudes.

Véritable légende dans les montagnes grisonnes, il est le plus ancien entraîneur en poste en Suisse. Arno Del Curto dirige de main de maître le HC Davos depuis 1996. «Je n'explique pas une telle longévité, prétend le technicien de 58 ans. Peut-être que c'est grâce aux résultats.» Cinq fois champion de Suisse sous la houlette du natif de Saint-Moritz, le club grison occupe la tête de la LNA presque depuis le début de la saison.

Fraîcheur «Nous ne sommes pas encore prêts pour gagner le titre, relève Del Curto. L'équipe n'est pas assez expérimentée.» Le coach se félicite d'accueillir de lancer des jeunes dans le grand bain. «Il ne suffit pas de les faire jouer quelques minutes par match mais il faut avoir le courage de les aligner lors des situations chaudes», souligne-t-il. Celui qui a appelé ses enfants Stéphanie (en hommage à la princesse de Monaco) et Yannick (pour Noah, qu'il admire) se réjouit de compter de nombreux talents prometteurs dans son groupe. Il compte sur les routiniers pour les aider à gagner de l'expérience. Avec 25 ans de moyenne, l'effectif est le plus jeune du championnat.

Cœur «C'est un grand motivateur. Sa présence pousse les joueurs à rejoindre le club. Parfois, il est dur, mais c'est pour notre bien. Ses remarques font mal mais tu en retires beaucoup. Il nous aide énormément», souligne l'attaquant Gregory Hoffmann, à Davos depuis 2012. «J'observe l'homme au-delà du sportif, précise Del Curto. Certains pensent que la proximité avec les joueurs est problématique? Je m'en fiche royalement. Au contraire, je pense que c'est un avantage. C'est mieux pour ton club si tu y mets une partie de ton cœur. Prenez l'exemple de Sir Alex Ferguson à Manchester ou d'Arsène Wenger à Arsenal. Personne ne remet ou ne remettait en cause leur autorité. C'est clair que je suis content si les joueurs souhaitent d'eux-mêmes venir dans les Grisons.» Le «mage» de la Vaillant Arena apprécie d'ailleurs de travailler comme un manager «à l'anglaise».

Absence «Ça ne sert à rien d'avoir un directeur sportif si je peux faire son travail, souligne-t-il. En plus, ça me permet de choisir moi-même les joueurs que j'apprécie et fait économiser un salaire au club, qui peut être utilisé dans un autre domaine. Cependant, mon but n'est pas d'avoir tous les pouvoirs.» Le coach reconnaît par ailleurs qu'être aussi proche de son effectif serait quasiment impossible en NHL, où les structures sont bien plus grandes.

Chance Davos offre également l'opportunité de disputer chaque hiver la Coupe Spengler. «Les joueurs peuvent profiter d'une exposition internationale, explique Del Curto. C'est positif pour leur futur de rencontrer des équipes de très haut niveau comme le Team Canada. En plus, l'ambiance est très sympathique.» Hoffmann abonde: «C'est la fête du hockey à Davos. C'est clair que de disputer cette compétition peut influencer notre choix à venir jouer dans les Grisons. En plus, c'est la dernière pour moi (il évoluera à Lugano la saison prochaine).»

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