Valais: «Ma mère est la seule à lui avoir porté secours»
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Valais«Ma mère est la seule à lui avoir porté secours»

Victime d'une crise d'épilepsie dans un train, un passager a bénéficié de l'aide d'une médecin à bord.

par
Karin Jorio
Aucun passager ne s'est soucié de l'individu excepté une femme médecin.

Aucun passager ne s'est soucié de l'individu excepté une femme médecin.

Le passage à l'année 2015 n'a pas été festif pour tout le monde. Alors qu'il était en route pour passer ses vacances à la montagne, un Français de 25 ans a été victime d'une crise d'épilepsie dans un train reliant Genève au Vieux Pays, le 31 décembre. «On quittait Sion et une jeune femme est entrée dans le wagon en criant à l'aide, explique Ashkan, témoin de la scène. Ma mère, qui est médecin, s'est tout de suite précipitée pour lui venir en aide avant d'appeler les secours. La victime a perdu connaissance et son cœur s'est arrêté. Ma mère lui a fait un massage cardiaque.» Et le jeune homme de s'offusquer: «Elle est la seule à lui avoir porté secours! Aucun des passagers n'a réagi et il n'y avait aucun contrôleur non plus. Ils ne sont pas censés pouvoir gérer ce genre d'urgence?»

Porte-parole des CFF, Jean-Philippe Schmidt tempère: «Il n'y a pas de formation de samaritain pour notre personnel, mais il est formé aux mesures d'urgence à prendre à bord d'un train, comme ne pas l'arrêter au milieu de nulle part, avertir notre centrale d'alarme et continuer à rouler jusqu'à la prochaine gare, où une ambulance pourra prendre en charge la victime.» C'est surtout l'indifférence des voyageurs qui dérange Ashkan. «Certains ne s'inquiétaient que du retard qu'allait prendre le train, se désole-t-il. Une dame qui passait à côté de la victime a même demandé: «Vous ne pourriez pas vous pousser?» C'est le summum du pathétique.»

L'utilité des défibrillateurs en question

Les gares de Genève, Berne, Zurich et Bâle disposent de défibrillateurs depuis 2008, mais pas les trains. «Ce n'est pas nécessaire, selon Jean-Philippe Schmidt. En Suisse, la durée entre deux gares est courte, mieux vaut attendre d'être pris en charge au prochain arrêt.» Des propos formellement contredits par le cardiologue Ulrich Sigwart: «Il faut réagir tout de suite, car chaque

seconde compte. Attendre le prochain arrêt est totalement ridicule.»

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