«Ma voiture roule à l'huile de friture»
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«Ma voiture roule à l'huile de friture»

Vincent Tervooren a la frite. Sa voiture carbure à l'huile végétale recyclée. Une option qui séduit de plus en plus, même si elle reste plutôt artisanale.

«Cela ne marche que pour les moteurs diesel», précise le Genevois, qui fait le plein chez un vendeur de beignets. Après quoi il filtre l'huile à l'aide d'un système de poches spéciales. «Si l'huile n'est pas parfaitement filtrée, c'est la panne», prévient-il.

Les anciens modèles permettent de mélanger directement huile et carburant dans le réservoir. Mais les véhicules diesel de la nouvelle génération demandent une installation spéciale, avec un 2e réservoir pour l'huile. «La mienne m'a coûté quelque 2500 fr.», précise Vincent Tervooren. Elle figure sur sa carte grise. Le créateur du site francophone de référence sur l'huile végétale garde toutefois les pieds sur terre. «Ce n'est pas LA solution pour tous, mais un moyen concret de s'affranchir du pétrole.»

«Beaucoup de particuliers renoncent à cause du prix du kit spécial», constate de son côté Hans Frei, de Biodrive à Lenzburg (AG). La clientèle de l'entreprise, qui propose aussi une pompe à huile, reste surtout composée de tracteurs et de camions. A raison de 1 fr. à 1 fr. 40 le litre, les poids lourds amortissent leur investissement de 10 000 fr. en quelques mois.

A Genève, les Services industriels (SIG) ont lancé un appel d'offres pour alimenter leurs barges sur le Rhône à l'huile de friture, «mais c'est difficile d'en trouver suffisament pour les faire fonctionner toutes», explique Denis Foulon des SIG. L'entreprise Dupraz a pour sa part adapté un de ses bus, qui roule depuis janvier. «Il consomme 5 à 10% de moins que le diesel. Et c'est tout bénéfice pour l'environnement, car on utilise un déchet comme combustible», se félicite-t-il.

Emmanuelle Robert

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