Diplomatie - Macron mobilise la communauté internationale pour le Liban
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DiplomatieMacron mobilise la communauté internationale pour le Liban

Le 4 août 2020, une explosion gigantesque soufflait le port de Beyrouth. Une conférence réunit 40 pays ce mercredi à Paris pour venir en aide au Liban qui vit la pire crise de son histoire.

Emmanuel Macron s’était rendu sur le site de l’explosion à Beyrouth le 6 août 2020. 

Emmanuel Macron s’était rendu sur le site de l’explosion à Beyrouth le 6 août 2020.

AFP

Emmanuel Macron réunit mercredi les principaux acteurs de la communauté internationale, un an jour pour jour après l’explosion du port de Beyrouth, pour apporter une nouvelle aide d’urgence aux Libanais et faire pression sur la classe politique responsable de la paralysie du pays, alors qu’il est englué dans la pire crise économique de son histoire.

«Un an après le drame, le Liban peut continuer à compter sur la solidarité de la France», a twitté le président français, fortement impliqué pour tenter de sortir le Liban de l’ornière.

Emmanuel Macron présidera à partir de 12h00 heure de Paris, avec la vice-Secrétaire générale de l’ONU Amina Mohammed, la troisième conférence internationale de «soutien à la population libanaise». Celle-ci va réunir les représentants d’une quarantaine d’Etats et d’organisations internationales, en distantiel.

Le président américain Joe Biden s’exprimera via un message enregistré. Son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le roi de Jordanie Abdallah II et le chef de l’Etat libanais Michel Aoun y participeront. De même que les Premiers ministres irakien, canadien, grec, la directrice générale du FMI et celui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le président du Conseil européen Charles Michel, les ministres des Affaires étrangères d’une dizaine de pays européens et des représentants du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.

Un pays à genoux

Emmanuel Macron ouvrira les discussions depuis le Fort de Brégançon, la résidence d’été des présidents français, dans le Var. La conférence vise à répondre aux «nouveaux besoins» d’urgence de la population, estimés à 350 millions de dollars par les Nations unies, dans les domaines de l’alimentation, de la santé, de l’éducation et de l’assainissement de l’eau, explique-t-on à l’Elysée.

Une aide de 280 millions d’euros a déjà été mobilisée lors des deux premières conférences internationales organisées par la France, ex-puissance mandataire, après la tragédie du port en 2020.

Le pays est à genoux, un an après l’explosion – classée parmi les plus grandes déflagrations non nucléaires – qui a tué plus de 200 personnes, défiguré une partie de la capitale et traumatisé les Libanais. Il fait face à une triple crise politique, économique – l’une des pires à l’échelle mondiale depuis 1850, selon la Banque Mondiale, avec des pénuries de carburant, médicaments et des coupures d’électricité jusqu’à 22 heures par jour- et sanitaire liée au Covid-19.

«S’ils le veulent, ils peuvent»

L’aide structurelle nécessaire à la sortie de crise reste subordonnée à la formation d’un gouvernement et à la mise en oeuvre de réformes, que la communauté internationale réclame en vain depuis des mois. Le pays est sans gouvernement depuis la démission de Hassan Diab et de son équipe au lendemain de l’explosion. Les dirigeants libanais, enfermés dans d’interminables marchandages clientélistes, sont restés depuis sourds à toutes les menaces de sanctions, notamment de Paris.

Le nouveau Premier ministre désigné le 26 juillet, Najib Mikati, a promis de former sans délai un gouvernement. Mais pour l’heure rien ne bouge. Les participations à la conférence vont donc une nouvelle fois faire passer un «message très clair» : soit la classe politique agit, soit elle encourra des sanctions.

Paris a déjà restreint l’accès au territoire français de plusieurs personnalités libanaises, sans toutefois dévoiler lesquelles. «C’est une première étape, ceux qui sont visés le savent et la pression va continuer à monter», assure la présidence française. L’Union européenne s’est dite prête vendredi à prendre des mesures ciblées contre les responsables du blocage politique. La France et les Etats-Unis promettent aussi de «faire pression» ensemble. «S’ils le veulent, ils peuvent le faire», insiste Paris.

L’absence de progrès dans la formation d’un gouvernement et dans la mise en oeuvre de «réformes urgentes» est «irresponsable compte tenu de la détérioration dramatique de la situation économique», martèle le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

Le pape demande des «gestes concrets» pour le Liban

Le pape François a demandé mercredi, lors de sa première audience générale depuis l’opération subie début juillet, «des gestes concrets» pour le Liban, un an après l’explosion au port de Beyrouth qui a fait 214 morts. «Aujourd’hui, je lance un appel à la communauté internationale demandant d’aider le Liban à accomplir un chemin de résurrection avec des gestes concrets, pas avec des mots seulement», a-t-il dit à l’issue de l’audience générale. «Dans ce sens, je souhaite que la conférence organisée par la France et l’ONU et qui est en cours actuellement soit fructueuse», a ajouté François.

«A un an de la terrible explosion qui s’est produite dans le port de Beyrouth, provoquant morts et destructions, mes pensées vont vers ce cher pays, surtout vers les victimes, leurs familles, aux nombreux blessés et à tous ceux qui ont perdu leur maison et leur travail. Et nombreux sont ceux qui ont perdu aussi l’illusion de vivre», a ajouté François. «Chers Libanais, mon désir de venir vous rendre visite est grand et je prie pour vous sans cesse afin que le Liban redevienne un message de fraternité et de paix pour tout le Moyen-Orient», a conclu le pape.

(AFP)

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