Coronavirus en France: Macron pris dans un bain de foule: «Consternant»
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Coronavirus en FranceMacron pris dans un bain de foule: «Consternant»

Lors d'une visite dans un centre de soins en région parisienne, le président français est apparu sans masque et entouré de plusieurs dizaines de personnes. L'Élysée tente d'éteindre la polémique.

par
joc

Emmanuel Macron s'est-il mis en danger lors de sa visite dans un centre de soins en Seine-Saint-Denis, mardi? Si le président français portait bien un masque lors de sa rencontre avec le personnel soignant, il est apparu à visage découvert à sa sortie. En outre, des images montrent le chef de l'État saluer plusieurs dizaines de personnes agglutinées autour de lui, au mépris des règles de distanciation sociale. Les mains jointes, le président a exhorté les habitants à respecter les règles et à rentrer chez eux. Une scène qui a suscité incompréhension, inquiétude et colère sur les réseaux sociaux.

En tête de la fronde, on retrouve sans surprise Marine Le Pen. La présidente du Rassemblement national (RN) a fustigé sur Twitter le comportement d'Emmanuel Macron, le qualifiant d'«absolument consternant».

Ancien Gilet jaune emblématique devenu porte-parole du parti Debout la France, Benjamin Cauchy s'est également emporté sur le réseau social: «Encore 1427 décès du Covid-19 aujourd'hui, et Macron va faire un bain de foule sans masques. Mais quel pantin!»

Sur le plateau de l'émission «Punchline» sur la chaîne C8, la docteure Brigitte Milhau s'est également indignée: «Comment peut-on nous demander de porter des masques, de respecter nos distances de sécurité (...) et soi-même ne pas respecter les règles?» a-t-elle déploré.

Le gouvernement dit vouloir «relativiser cette polémique que Marine Le Pen ne manquera pas de relayer». Il explique qu'aucune reconnaissance des lieux n'avait été effectuée avant le déplacement de Macron à Pantin. «Nous travaillons dans des conditions dégradées, sans préparation. C'est pour ça que cette scène a pu se dérouler», indique une source au «Parisien». Le chef de l'État n'a toutefois aucune intention de se murer dans ses bureaux. «Le président va continuer à se déplacer, il doit se déplacer. Mais on apprend lors de chaque déplacement», poursuit cette source.

Manque d'équipements

Lors de sa visite de mardi, Emmanuel Macron a remercié les habitants qui respectent le confinement et a été interpellé sur le manque d'équipements pour les soignants. Un responsable lui a expliqué qu'ils manquaient de certains équipements de base, avec «de grosses difficultés pour les surblouses». «Je n'en ai pas assez», a témoigné une infirmière, en indiquant qu'elle lavait ses deux blouses «tous les soirs» pour les porter à tour de rôle.

Macron lui a répondu qu'elles faisaient un travail «formidable» et que l'État cherchait à les «soulager» en «démultipliant» la production et les importations. «Même les plans les mieux pensés n'avaient pas envisagé que les pays seraient touchés en même temps», a-t-il ajouté pour justifier le déficit de masques et d'équipements. «Ce qu'on pensait sans valeur il y a six mois ou un an, d'un seul coup» est devenu rare, selon lui.

Le président français s'est déjà rendu en Seine-Saint-Denis depuis le début de la crise sanitaire en allant à la rencontre, le 18 mars, des équipes de réanimation de l'hôpital Avicenne de Bobigny. Il a aussi effectué plusieurs autres déplacements sur le terrain aux côtés des professionnels qui luttent contre l'épidémie. Il s'est ainsi rendu à l'Institut Pasteur auprès des chercheurs, dans un hôtel réquisitionné pour les sans-abri, à l'hôpital de campagne installé par l'armée près de Mulhouse et, la semaine dernière, dans une usine de masques en périphérie d'Angers et au centre de crise du Ministère des affaires étrangères. (joc/afp)

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