France: Macron refuse l'«hallali» contre Fillon

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FranceMacron refuse l'«hallali» contre Fillon

Le candidat à la présidentielle ne veut pas prendre part au Penelopegate. En outre, il a annoncé mercredi des mesures pour son programme.

Emmanuel Macron a annoncé mercredi des mesures économiques pour faire taire ceux qui l'accusent de ne pas avoir de programme.

Emmanuel Macron a annoncé mercredi des mesures économiques pour faire taire ceux qui l'accusent de ne pas avoir de programme.

AFP

Emmanuel Macron, qui talonne François Fillon dans les sondages pour l'élection présidentielle française, a déclaré mercredi refuser de participer à l'«hallali» dont est la cible le candidat de droite depuis les révélations sur la rémunération de son épouse Penelope. Il a aussi égrené des mesures économiques pour «tordre l'idée» qu'il n'a «pas de programme».

«Il ne faut pas parler de calomnie, de complot», a déclaré l'ancien ministre de l'Economie, dans une allusion à la ligne de défense de son adversaire. «La transparence fait partie de notre vie démocratique.»

«François Fillon doit pouvoir s'expliquer devant les Français sur ce qui relève de ce débat démocratique et ce qui relève des questions plutôt morales ou éthiques. Et il doit être entendu par les juges sur ce qui relève du judiciaire.»

«Mon souhait c'est de pouvoir débattre au fond (...) avec François Fillon, je ne suis pas là pour participer d'un débat qui est autre», a-t-il aussi déclaré.

«Dépasser» les clivages

Emmanuel Macron a par ailleurs déclaré vouloir rassembler de la social-démocratie à la «droite orléaniste» en passant par «l'écologie réaliste» et le gaullisme social.

L'ex-ministre de l'Economie a assumé le fait d'appartenir à la gauche, mais à une «gauche de l'égalité des chances», pas de «l'égalitarisme». Il a réaffirmé sa volonté de «dépasser» les clivages droite-gauche.

«L'offre politique que je construis depuis avril 2016 consiste à rassembler (...) la sociale-démocratie, l'écologie réaliste, les radicaux de gauche et de droite et le gaullisme social, et la droite orléaniste, et le centre-droit européen», a déclaré l'ancien banquier de 39 ans.

Société civile

S'y ajoute la société civile, à laquelle il a ouvert largement son mouvement, «En Marche!» et dans laquelle il dit vouloir puiser la moitié au moins de ses 577 candidats pour les élections législatives de juin prochain.

«Sur le plan gouvernemental, je construirai une équipe dont la diversité reflétera cela, c'est-à-dire des hommes et des femmes qui viennent de la société civile, certains qui viennent de la gauche, d'autres qui viennent de la droite», a-t-il dit.

Il a en revanche estimé que Benoît Hamon, vainqueur de la primaire à gauche et désormais candidat du Parti socialiste à la présidentielle, n'incarnait pas le progressisme.

«Pour être progressiste, il faut proposer un modèle où on produit et on redistribue», a-t-il dit. «Dans le programme de Benoît Hamon, on n'explique pas comment on produit.»

Propositions économiques

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé et précisé une série de propositions économiques et fiscales. Il a notamment expliqué qu'il souhaitait procéder à une «transformation du revenu de solidarité active (RSA) pour accompagner le retour à l'activité».

Il a aussi annoncé son intention de «réformer en profondeur» l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en supprimant «la part qui finance l'économie réelle», c'est-à-dire la détention d'entreprise ou d'actions, pour en faire un «impôt sur la rente immobilière».

Couple franco-allemand

Emmanuel Macron a enfin expliqué vouloir dépasser «la défiance mutuelle» qui demeure dans le couple franco-allemand, sans «renverser la table», mais en restaurant le «crédibilité» de la France.

Il a qualifié la stratégie de confrontation portée par certains de ses concurrents de «maladie infantile de la France».

«On dit toujours, 'vous savez quoi? Je vais renverser la table avec les Allemands', de gauche et de droite, c'est oecuménique, ça fait partie de l'imaginaire de la gauche et de la droite aujourd'hui en France qu'on va taper sur l'Allemagne», a-t-il expliqué, ajoutant: «mais on n'avance pas en Europe si on est contre les Allemands».

En leur promettant de faire des «réformes» sur le marché du travail, l'éducation, la formation, et de rester dans le respect des 3% de déficit public, l'ancien ministre de l'Economie a estimé qu'il créerait «le préalable à la crédibilité». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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