Actualisé 12.06.2009 à 17:55

Cour suprême du Malawi

Madonna «ravie» par l'autorisation d'adopter un second enfant

La pop star américaine Madonna a obtenu vendredi le feu vert de la plus haute autorité judiciaire du Malawi pour adopter un deuxième enfant dans ce petit pays pauvre d'Afrique australe, après s'être vu refuser en première instance la garde de cette fillette de trois ans.

«Des parents étrangers s'occuperont mieux de (Mercy) Chifundo James» qu'on ne le fait à l'orphelinat où elle vit actuellement, ils «lui donneront de l'amour et de l'affectation», a déclaré le juge de la Cour suprême du Malawi, Lovemore Munro.

Madonna, âgée de 50 ans, divorcée depuis novembre et mère de deux enfants biologiques et d'un petit Malawite adopté, a les moyens financiers de s'occuper d'un autre enfant, a encore estimé le juge.

«En conséquence, nous lui accordons l'adoption» de Mercy, a-t-il conclu.

Madonna ne se trouvait pas au Malawi au moment de cette annonce.

La pop star est «ravie» de la décision de la Cour suprême du Malawi, a annoncé vendredi sa porte-parole à New York dans un communiqué.

«Je suis extrêmement reconnaissante à la Cour Suprême de m'autoriser à adopter Mercy James. Je suis ravie. Ma famille et moi attendons impatiemment de partager notre vie avec elle», précise ce communiqué.

L'avocat de Madonna, Alan Chinula, avait indiqué auparavant que la chanteuse n'irait pas personnellement chercher la petite fille de 3 ans, mais enverrait ses collaborateurs.

Madonna s'était vu refuser en première instance l'adoption de la fillette. Elle avait fait appel de cette décision, un recours qui a été accepté vendredi.

En avril, un tribunal de Lilongwe avait justifié son refus en estimant que Mercy ne vivait plus dans la pauvreté. Il avait aussi expliqué que la chanteuse n'avait pas respecté l'obligation de séjourner au Malawi pendant dix-huit mois, comme doivent le faire les étrangers souhaitant adopter un enfant dans ce pays, et qu'accorder un passe-droit à Madonna pouvait favoriser le trafic d'enfants.

La pop star avait déjà échappé à cette disposition lors de l'adoption en 2008 du jeune David, provoquant la colère d'organisations non-gouvernementales opposées aux adoptions internationales.

L'une de ces organisations malawites, Eye of the Child, a dit vendredi «respecter la décision» rendue par la Cour suprême. Son directeur, Maxwell Matewere, a cependant réclamé une législation spécifique sur l'adoption internationale au Malawi, qui n'existe pas actuellement et laisse du coup les juges décider au cas par cas.

A l'orphelinat où a vécu ces dernières années Mercy, le personnel s'est réjoui de la décision de justice. «C'est une bonne nouvelle, c'est bon pour le Malawi», a estimé Cherie Marten, une employée de cet établissement.

Mercy a été placée en orphelinat après la mort de sa mère, décédée du sida quelques jours après sa naissance en janvier 2006. Madonna l'avait rencontrée en octobre 2006.

En mai dernier, un Malawite avait affirmé être le père de l'enfant. Il avait assuré être prêt à l'élever, alors qu'il ne l'avait jamais rencontrée. Mais vendredi, la justice a estimé que le père biologique de Mercy n'était pas connu.

Pour justifier le feu vert donné à Madonna, elle a aussi insisté sur le fait que la chanteuse avait investi de l'argent et passé du temps depuis 2006 au Malawi, où elle a créé la fondation «Raising Malawi» pour aider les enfants.

Madonna a fait construire un centre qui accueille plus de 8.000 orphelins dans le village de Mphandula, près de Lilongwe.

Au Malawi, où plus de la moitié de la population vit avec moins de 1 dollar par jour, au moins un demi-million d'enfants ont perdu au moins l'un de leurs deux parents à cause du sida.

(afp)

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