Venezuela: Maduro veut renforcer le pouvoir de l'armée
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VenezuelaMaduro veut renforcer le pouvoir de l'armée

Le président vénézuélien souhaite «un pouvoir militaire de plus en plus grand» afin de lutter contre la guerre économique menée selon lui par la droite.

Le président du Venezuela Nicolas Maduro, lors de son discours de commémoration de l'indépendance nationale, a appelé à accroître le pouvoir de l'armée dans le pays. (Mardi 5 juillet 2016)

Le président du Venezuela Nicolas Maduro, lors de son discours de commémoration de l'indépendance nationale, a appelé à accroître le pouvoir de l'armée dans le pays. (Mardi 5 juillet 2016)

photo: Keystone

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé mardi 5 juillet à accroître le pouvoir de l'armée dans le pays, en profonde crise économique et politique. Le dirigeant est menacé par un référendum révocatoire que veut organiser l'opposition cette année.

Il faut «un pouvoir militaire de plus en plus grand» afin de livrer une «guerre non conventionnelle» au Venezuela. C'est ce que Nicolas Maduro a déclaré dans un discours prononcé à l'occasion de la commémoration de l'indépendance nationale, marquée par un important défilé militaire à Caracas.

Pénuries

Cette «guerre non conventionnelle» serait ainsi menée pour contrer la «guerre économique» orchestrée, selon Maduro, par la droite et les milieux d'affaires, avec le soutien des Etats-Unis. Cette dernière consiste, toujours d'après lui, à aggraver les pénuries que connaît le pays.

Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a déclaré dans un communiqué que l'armée était en train d'exécuter l'ordre présidentiel pour «l'organisation, l'expansion et le déploiement des forces spéciales contre les forces paramilitaires, les bandes criminelles et la guerre non conventionnelle».

L'économie du pays pétrolier s'est effondrée avec la chute des cours. Le Venezuela n'a désormais plus les moyens de financer ses importations, ce qui entraîne de graves pénuries d'aliments et de médicaments.

Large coalition

Très impopulaire, le chef de l'Etat, élu en 2013 pour un mandat allant jusqu'en 2019, est par ailleurs confronté à un Parlement contrôlé par l'opposition composée de libéraux, de conservateurs mais aussi de sociaux-démocrates. Cette large coalition souhaite organiser un référendum pour obtenir le départ anticipé de Nicolas Maduro.

Mardi, il a vivement critiqué le président du Parlement, Henry Ramos Allup. Celui-ci affirme que l'armée était aux ordres du gouvernement, de même que le Tribunal suprême de justice (TSJ) qui selon lui s'apprête à bloquer le processus de référendum.

«Ne t'en prends pas aux soldats, ne t'en prends pas aux sergents, ne t'en prends pas aux capitaines», a lancé Nicolas Maduro à l'adresse de Henry Ramos Allup. «Prends-en-toi à moi, qui suis le commandant en chef de l'armée. Lâche !», a-t-il ajouté.

Long processus

Le 13 juin, Nicolas Maduro, héritier politique du défunt Hugo Chavez (1999-2013), a déposé devant le TSJ un recours contre le référendum, pour fraude à la signature. D'autres dirigeants de son camp ont également saisi la justice pour dénoncer des usurpations d'identité dans le processus.

Le Conseil national électoral (CNE) dira le 26 juillet sur le référendum peut suivre son cours. Une collecte de quatre millions de signatures étant d'abord nécessaire avant de pouvoir convoquer la consultation.

L'opposition espère organiser le référendum cette année, ce qui d'après la Constitution déclencherait en cas de succès des élections anticipées. Sinon, Nicolas Maduro pourrait lui-même choisir son successeur s'il est révoqué. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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