Genève: Mafia de l'Est, BMW volée et balles dans les genoux
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GenèveMafia de l'Est, BMW volée et balles dans les genoux

Le tribunal juge pour tentative de meurtre trois hommes qui ont tiré sur un garagiste meyrinois louche.

par
Jérôme Faas
Le garagiste victime des tirs est aussi prévenu descroquerie.

Le garagiste victime des tirs est aussi prévenu descroquerie.

iStock

Plongée en eaux troubles. Le tribunal sondait mardi un monde interlope, entre règlements de compte, mafia de l'Est et trafic de voitures. Trois hommes sont accusés de tentative de meurtre. En août 2015, dans une carrosserie de la zone industrielle de Meyrin, ils ont menacé un garagiste: dix jours avant, ils lui avaient livré une BMW volée et voulaient 3000 euros. Face à son refus, l'un des prévenus a tiré trois fois dans ses genoux.

Deux accusés dont le tireur, kosovars, vivaient vers Lyon. Ils jurent qu'ils voulaient juste effrayer la victime. Les coups seraient presque partis par erreur. Surtout, ils invoquent un mystérieux «Babush», décrit comme le violent commanditaire. C'est à lui qu'auraient appartenu les 3000 euros. «J'étais menacé, moi et ma famille, explique le tireur. Je n'avais pas d'argent, je ne pouvais pas rembourser. C'est lui qui m'a donné le pistolet. Avant, il l'a mis dans ma bouche.»

Le troisième homme, français, se qualifie de «médiateur». Il avait présenté le garagiste aux Kosovars, et déplorait leur litige. «Il la leur a mise», résume-t-il. Or, «même dans un commerce illégal, il y a une logique et une morale. Mais tirer tout court, c'est déjà con, alors, pour 3000 euros...» Lui aussi invoque Babush. «C'est une personne dangereuse, je préfère ne pas en parler.» La procureure doute fort de l'existence de ce caïd bien pratique: dans les huit mois qui ont séparé les faits de l'arrestation, sa trace n'a jamais émergé. Le procès se poursuit.

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