Genève: Magasins d'occases noyés sous les ordis douteux
Actualisé

GenèveMagasins d'occases noyés sous les ordis douteux

Les commerces de deuxième main font face à un afflux d'appareils dérobés. De nombreux cambrioleurs tentent d'y revendre leur butin.

par
Faïrouz Khaïry

«Je n'ai fait que mon devoir de citoyen. Un ordinateur, ça contient toute une vie.» Employé dans un magasin d'achat et de vente d'occasions, F. a eu le bon réflexe. Mercredi dernier, trois personnes sont venues monnayer un ordinateur portable dans un magasin de Plainpalais. Mais le commerçant a eu des doutes en examinant l'appareil. «Je suis tombé sur un mail en français entre un fournisseur et son client, raconte F. Or les personnes devant moi parlaient anglais.»

Il a tenté de retenir les filous afin de joindre l'expéditeur et le destinataire du courriel. En vain. Le trio a filé sans demander son reste, avec l'ordi sous le bras. F. a finalement pu mettre la main sur le propriétaire de l'appareil, qui lui a expliqué avoir été cambriolé la veille.

«Depuis trois ans, il y a une explosion d'ordinateurs portables et de smartphones dans ce qu'on achète, explique F. On vérifie toujours les identités des personnes. Il se peut qu'on ait affaire à du matériel volé, mais c'est difficile de le savoir. Si on a des doutes, on ne le prend pas.»

«Il est vrai que les appareils électroniques sont la cible privilégiée des cambrioleurs, précise Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la police genevoise. Ils sont faciles à transporter et les malfrats peuvent aussi les revendre à la sauvette.» Selon des sources policières, les cambriolages ont certes baissé en 2012, mais leur nombre encore important expliquerait néanmoins l'afflux massif de ces ordinateurs portables dans les commerces de deuxième main.

Chaque appareil a son numéro

«Il est arrivé quelquefois que des clients reconnaissent leur smartphone volé dans notre magasin, explique F. Dans ce cas, la société contacte la police pour vérifier que l'appareil appartient bien à cette personne et le lui restitue si c'est le cas. «Il faut noter le numéro d'identification de l'appareil. Cela permet de retrouver ces téléphones également lors de contrôles», explique la police.

Ton opinion