Suisse: Maillard élu à la tête de l'Union syndicale suisse
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SuisseMaillard élu à la tête de l'Union syndicale suisse

Le conseiller d'Etat vaudois succède à Paul Rechsteiner, qui a présidé pendant 20 ans l'USS.

Le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard (PS/VD) succède à Paul Rechsteiner à la présidence de l'Union syndicale suisse. Les délégués, réunis samedi à Berne, l'ont préféré à la conseillère nationale Barbara Gysi (PS/SG).

Pierre-Yves Maillard a obtenu 115 des 212 votes, a indiqué l'USS lors du congrès à Berne. Il a obtenu la majorité au premier tour avec plus de huit voix. M. Maillard entrera en fonction entre mai et juin 2019.

L'actuel directeur de la santé et de l'aide sociale du canton de Vaud succède à Paul Rechsteiner, qui avait annoncé sa démission en mars dernier. M. Rechsteiner a été président de l'USS pendant près de vingt ans.

Un homme fidèle à ses engagements

Socialiste aux fortes convictions, Pierre-Yves Maillard peut s'enorgueillir de réalisations concrètes. A l'USS, il pourra s'appuyer sur son passé syndical et son expérience politique, après quatorze ans passés au gouvernement vaudois.

Le Lausannois constitue une figure politique de poids en Suisse romande, incontournable sur les questions de santé et d'assurance maladie. En 2011, ce grand partisan de la caisse unique avait échoué à entrer au Conseil fédéral. Le Parlement avait alors choisi Alain Berset.

Au Conseil d'Etat vaudois, c'est un parcours presque sans faute pour ce fils de garagiste, aux origines plutôt modestes. Le stratège a présidé le gouvernement durant cinq ans et a été l'un des principaux artisans du basculement à gauche du Conseil d'Etat vaudois en 2011.

Il a incarné, avec le PLR Pascal Broulis, le fameux «compromis dynamique» qui lui a permis de concrétiser plusieurs avancées sociales. Il a renforcé le filet social pour les travailleurs âgés et pour les familles qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts.

Cerise sur le gâteau, juste avant son départ, le chef du Département de la santé et de l'action sociale a pu présenter l'un de ses projets phares: le plafonnement des primes maladie en fonction du revenu. Un aboutissement pour celui qui s'est battu pour limiter l'impact des primes sur le budget des ménages.

Rechsteiner dit ses aux revoirs

Paul Rechsteiner, président de l'Union syndicale suisse (USS) pendant vingt ans, a prononcé son dernier discours samedi devant les délégués. Il a appelé à un «esprit d'ouverture, de pluralisme et de coopération» dans le mouvement syndical.

Les changements les plus importants intervenus dans le paysage syndical au cours des 20 dernières années ont été la création d'Unia et l'ouverture de l'USS. «Qui aurait pu imaginer, il y a 20 ans, que l'Association suisse des employés de banque ferait partie du mouvement syndical?», s'est interrogé M. Rechsteiner au deuxième jour du congrès de l'USS à Berne.

Le président sortant de l'USS a appelé à développer à l'avenir une attitude positive à l'égard des migrants. «L'exclusion d'un quart de la population est une condition intenable pour une démocratie sur le long terme». M. Rechsteiner a également préconisé une orientation internationale des syndicats.

Progrès sur le salaire minimum

Au premier jour du congrès, vendredi, le St-Gallois a tiré un bilan des quatre dernières années. Les salaires minimum progressent, a-t-il souligné. Le salaire minimum cantonal est appliqué dans plusieurs cantons et une «initiative prometteuse» est en cours à Genève.

Des progrès ont également été accomplis - grâce à un arrêt du Tribunal fédéral - concernant le droit d'accès des syndicats aux lieux de travail. Les mesures d'accompagnement aux accords bilatéraux avec l'UE se sont révélées être des «instruments puissants» pour la protection des salaires. Ainsi, près de 44'000 entreprises ont été contrôlées en 2017.

«La question des retraites reste un chapitre difficile», a déclaré le conseiller aux Etats st-gallois. L'USS n'a pas réussi à améliorer les retraites «en termes réels». Cependant, M. Rechsteiner voit de bonnes chances d?atteindre cet objectif au cours des prochaines années.

Le St-Gallois a encore qualifié la loi sur le travail de «critique» et ne reconnaît que de petites avancées en matière d'égalité des sexes. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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