Primes maladie: Maillard évoque un système «incontrôlable»
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Primes maladieMaillard évoque un système «incontrôlable»

Le conseiller d'Etat vaudois Pierre-Yves Maillard a vertement critiqué les nouvelles hausses des primes maladie annoncées jeudi.

Pierre-Yves Maillard ne cache pas sa colère face à la révélation de ces chiffres trois jours avant la votation sur la caisse publique.

Pierre-Yves Maillard ne cache pas sa colère face à la révélation de ces chiffres trois jours avant la votation sur la caisse publique.

Aux yeux de Pierre-Yves Maillard, «le système est devenu incontrôlable» après avoir été livré aux «apprentis sorciers» du libéralisme.

Les hausses sont «à peu près conformes» à ce que les assureurs avaient annoncé sous le couvert d'un secret relatif depuis quelques semaines, a déclaré à l'ats le conseiller d'Etat. «Je constate que les discours de propagande se fracassent aujourd'hui sur la dure réalité des chiffres».

«On nous a dit que la compensation des risques allait ou avait réglé les problèmes, or l'écart entre assureurs bon marché et chers sera plus grand que jamais». Dans le canton de Vaud, Assura connaît une augmentation de l'ordre de 4 francs par mois et KPT de plus de 60 francs pour le même catalogue de prestations.

«Tout ce que l'on nous a dit sur le fait que l'on allait améliorer la compensation des risques en 2012 pour 2015, tout ça c'est du vent. Le système est devenu incontrôlable», a affirmé Pierre-Yves Maillard.

«Sur ce fond d'explosion des effets de la sélection des risques, on a de nouveau une augmentation des coûts de la santé après quelques années de calme», remarque le chef du Département de la santé et de l'action sociale (DSAS). «Cette augmentation est essentiellement due aux apprentis sorciers du libre marché qui ont voulu libéraliser l'offre hospitalière et l'installation des médecins. On paie la facture maintenant».

Enfin, Pierre-Yves Maillard ne cache pas sa colère face à la révélation de ces chiffres trois jours avant la votation sur la caisse publique. «Tout a été fait pour que cela n'ait pas d'influence. Toutes les manoeuvres ont été faites pour absolument voter en septembre 2014 avant que chacun connaisse sa prime 2015. Il reste trois jours aux gens pour montrer qu'ils ne se laissent pas duper», a-t-il conclu. (ats)

Les primes vont continuer à augmenter

Pour le ministre de la santé Alain Berset, les coûts et les prix de la santé vont continuer à augmenter ces prochaines années. Les primes maladie suivront la même tendance. Le but est de maîtriser ces coûts et d'éviter les chocs, a-t-il rappelé jeudi devant les médias à Berne, à trois jours de la votation sur l'initiative réclamant une caisse maladie unique et publique.

«Mais le statu quo n'est pas une option, nous devons agir avec tous les acteurs pour maîtriser l'évolution des coûts», a-t-il affirmé. Il a également rappelé le credo selon lequel «les primes doivent couvrir les coûts».

«On nous rajoute ce qu'on va nous rendre»

L'augmentation de 3,4% des primes maladies dans le canton de Genève paraît excessive, compte tenu des réserves accumulées par de nombreuses caisses.

«On va nous rembourser 85 francs de primes chaque année sur trois ans, alors que la facture va augmenter de plus de 200 francs sur l'année 2015. On nous rajoute ce qu'on va nous rendre», a déploré jeudi le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia.

La hausse (3,4% pour les adultes) est plus importante que ce qui avait été annoncé. Or, 3% d'augmentation, c'était déjà tiré par les cheveux, si l'on tient compte des 6,5 milliards de réserves accumulées par les caisses. Rien ne justifie cette situation, selon le conseiller d'Etat.

«Ce qui me dérange, c'est que les écarts sont de plus en plus importants entre les caisses, entre 0% d'augmentation et plus de 11%», souligne le conseiller d'Etat. «On envoie ainsi les assurés les plus défavorisés vers les caisses les moins chères, celles qui pratiquent le système du tiers garant et qui font payer d'abord la facture à leur clients».

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