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Etats-UnisMalade, ce détenu risque une exécution «horrible»

Atteint d'une pathologie rare, Russell Bucklew risque d'endurer une exécution capitale très douloureuse mardi soir. Son avocate demande la clémence du gouverneur.

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aec/nxp
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La Cour suprême des Etats-Unis a suspendu in extremis l'exécution d'un condamné à mort atteint d'une maladie rare, offrant au prisonnier la possibilité d'interjeter un nouvel appel. (Mardi 20 mars 2018)

La Cour suprême des Etats-Unis a suspendu in extremis l'exécution d'un condamné à mort atteint d'une maladie rare, offrant au prisonnier la possibilité d'interjeter un nouvel appel. (Mardi 20 mars 2018)

Keystone/AP
Russell Bucklew devait être exécuté mardi 20 mars 2018. Ses avocats avaient mis en garde contre la souffrance intense qu'il risquait de ressentir.

Russell Bucklew devait être exécuté mardi 20 mars 2018. Ses avocats avaient mis en garde contre la souffrance intense qu'il risquait de ressentir.

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En mai 2014, il avait échappé de peu à une première exécution en raison de sa maladie. Des opposants à la peine capitale avaient milité en sa faveur à l'extérieur de la prison.

En mai 2014, il avait échappé de peu à une première exécution en raison de sa maladie. Des opposants à la peine capitale avaient milité en sa faveur à l'extérieur de la prison.

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Russell Bucklew va-t-il être la prochaine victime d'une exécution ratée? Mardi soir, l'Etat du Missouri doit exécuter ce détenu atteint d'une maladie rare se traduisant par des tumeurs vasculaires et des troubles circulatoires. Pour cette raison, il risque d'endurer une exécution potentiellement «horrible et douloureuse», selon son avocate. Russell Bucklew est condamné à mort pour le meurtre de son rival et le viol de son ancienne compagne en 1996.

Une demande d'appel et de suspension est en instance devant la Cour suprême des États-Unis. Son avocate Cheryl Pilate a également demandé la clémence du gouverneur républicain Eric Greitens.

En mai 2014, le condamné était à deux doigts d'être exécuté, lorsque la Cour suprême des États-Unis l'avait interrompue au dernier moment en raison de son état de santé. Il faut dire que quelques jours plus tôt, Clayton Lockett, un condamné à mort souffrant de la même maladie, avait été exécuté dans d'horribles conditions. Il avait succombé dans d'apparentes souffrances 43 minutes après l'injection létale de produits dont l'origine était restée secrète. Un membre de l'équipe pénitentiaire était même venu tirer les rideaux pour empêcher les témoins d'assister à son agonie. Un médecin avait alors constaté qu'une veine avait éclaté, empêchant le sédatif d'agir convenablement.

Etat de santé dégradé

«Près de quatre ans plus tard, la situation de mon client s'est encore aggravée», a déclaré aux médias américains son avocate. «Les tumeurs de Russell Bucklew sont très sensibles et peuvent se rompre facilement. Lors de l'exécution, il va se retrouver en difficulté respiratoire. La tumeur présente dans sa gorge va probablement se rompre, l'amenant à s'étouffer dans son propre sang», ajoute-t-elle, précisant que cela violerait son droit à ne pas subir des châtiments cruels et inhabituels.

Injecter une substance létale dans les veines du condamné risque de «faire éclater ses tumeurs, en lui infligeant une douleur extrême assimilable à une torture», a prévenu l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU). La Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), organe de l'Organisation des Etats Américains (OEA), a de son côté appelé les autorités américaines à commuer la peine de Russell Bucklew.

Dans son appel, l'avocate de Bucklew suggère que si l'exécution a bien lieu, l'Etat devra employer du gaz létal au lieu d'une injection de pentobarbital. Le gaz est en effet une option prévue par la loi du Missouri. Mais l'Etat n'a plus de chambre à gaz et n'a pas utilisé cette méthode depuis 1965.

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