Vaud: Malade, il infecte son ex et ment à sa nouvelle copine

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VaudMalade, il infecte son ex et ment à sa nouvelle copine

Un homme est jugé pour avoir caché à son ex-épouse qu'il était atteint du VIH et de l'hépatite C. Il n'a rien dit non plus à sa nouvelle compagne.

par
Frédéric Nejad Toulami
Le prévenu suit depuis 2014 une trithérapie au CHUV.

Le prévenu suit depuis 2014 une trithérapie au CHUV.

AFP

L'attitude de ce Mauricien en situation illégale n'a suscité l'empathie ni de la présidente de la Cour ni du procureur. Jugé mardi à Lausanne, cet homme de 39 ans est arrivé en Suisse en 2013. Il était alors déjà probablement atteint du VIH, à la suite de relations homosexuelles non protégées dans son pays d'origine.

Après avoir rencontré une femme sur internet, ils ont couché ensemble, puis ils se sont mariés. Mais il ne l'a jamais mise en garde ni n'a proposé de mettre une capote. Pourtant, en été 2013, les autorités médicales mauriciennes l'avaient averti qu'il y avait «un problème avec son sang». Il ne s'était alors pas inquiété et a déclaré à la Cour qu'il ne savait pas ce que c'était que le sida. Il a pourtant contaminé celle qui est désormais son ex-épouse. Celle-ci l'a attaqué en justice en 2014 (lire encadré), après avoir effectué des tests qui ont confirmé que l'homme était atteint des virus de l'hépatite C et du VIH.

«Pourquoi n'avez-vous rien dit à votre nouvelle copine, dès avril 2014? Et pourquoi n'avoir jamais mis de préservatif?» demande la présidente. «Je ne voulais pas lui faire peur et attirer ses soupçons», répond-il.

La trithérapie qu'il suit a heureusement permis de neutraliser le VIH. Plaidoiries et réquisitoire interviendront après que la Cour aura obtenu un complément d'information auprès de médecins.

Il loupe son procès et bénéficie de la loi

L'accusé ne s'était pas rendu par deux fois à des audiences au tribunal, en 2015 puis en 2016. Il a pu ainsi bénéficier d'un renvoi de son procès et profiter d'un changement de loi qui lui est profitable. En effet, depuis le 1er janvier 2016, transmettre le VIH à quelqu'un n'est punissable pénalement en Suisse que si l'on prouve que le prévenu a agi «par bassesse de caractère»; le Code pénal ne condamne plus la contamination par négligence; or, c'est ce qui lui était reproché.

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