Genève – Malaises suspects en soirée, des voix crient leur ras-le-bol

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GenèveMalaises suspects en soirée, des voix crient leur ras-le-bol

Un appel à boycotter les clubs a été lancé après de nouveaux soupçons d’intoxication au GHB lors d’une fête estudiantine, vendredi dernier.

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Leïla Hussein/FNT
Cinq femmes auraient ingéré la drogue du violeur mise à leur insu dans leur boisson. Une enquête est en cours. 

Cinq femmes auraient ingéré la drogue du violeur mise à leur insu dans leur boisson. Une enquête est en cours.

Getty Images

«Nous devons quitter les clubs, car nous y sommes en danger. Une action radicale était nécessaire pour que nous soyons entendues», estime le collectif féministe Engageons les murs. Jeudi, la structure a appelé à boycotter les boîtes de nuit, sur son compte Instagram. Un coup de gueule qui fait suite à plusieurs récents cas de suspicion d’intoxication au GHB dans des lieux nocturnes romands (Vaud, Neuchâtel et Genève).

Aucun cas avéré à Lausanne

Après la rumeur d’étudiantes de l’École hôtelière de Lausanne (EHL) droguées à leur insu la semaine passée dans un club de la ville, ni la police ni la direction de l’établissement scolaire n’ont eu connaissance de plaintes à ce sujet à ce jour. «Nous avons rappelé à l’interne les canaux existants pour se faire aider, mais personne n’a approché notre psychologue ou nos infirmières sur le campus», annonce la porte-parole de l’EHL, Lucile Muller. Quant à l’association Fête finale, organisatrice de soirées estudiantines, elle a annoncé l’arrêt de ses activités.

Dernière affaire révélée par la «Tribune de Genève»: cinq personnes victimes d’un malaise lors d’une soirée étudiante à la salle du Terreau, vendredi dernier au bout du lac. Repérées par l’équipe de médiation du Collectif Nocturne qui gère les lieux, les noctambules, toutes des femmes, ont rapidement été prises en charge. Deux d’entre elles ont été hospitalisées. La police, sur place le soir même, a ouvert une enquête.

«On met le doigt sur un problème qui existe depuis toujours. Maintenant il faut que ça change», fustige Engageons les murs, qui dénonce l’inaction des boîtes. «Elles doivent prendre de vraies mesures, plutôt que de remettre en question la parole des victimes.» Sur les réseaux sociaux, où ces récents événements ont fait beaucoup de bruit, plusieurs établissements ont réagi. C’est le cas du Grand Conseil de la nuit, qui réunit une vingtaine de clubs. Le groupement a annoncé vouloir plancher sur des solutions concrètes pour lutter contre ce fléau. Le collectif féministe, lui, prévoit une manifestation dans les jours à venir.

Premier cas signalé à Genève en 2021

L’an dernier, trois cas de suspicion d’intoxication au GHB ont été signalés à la police cantonale genevoise. En 2021, la soirée étudiante de vendredi dernier est le seul incident annoncé aux forces de l’ordre. Mercredi soir, le collectif féministe Engageons les murs a lancé un appel à témoignages sur son compte Instagram, qui a donné lieu à une centaine de retours, selon ses dires.

L’idée d’une capote pour verre émerge

Le préservatif pour protéger son verre fait partie des mesures envisagées par les clubs. «Malgré tout ce que nous avons mis en place, c’est impossible d’avoir les yeux partout. Nous voulons aller plus loin», explique Melina Johnsen, du Grand Conseil de la nuit, qui prévoit également une signalétique pour donner des conseils au public. Le Collectif Nocturne, également sensible à la problématique, a lui aussi pensé aux capotes. Mais leur coût élevé serait difficile à assumer pour cette petite structure.

De son côté, Engageons les murs propose d’autres solutions, telles que des soirées non mixtes soit sans homme cisgenre (ndlr: dont l’identité est en accord avec son genre) et la présence d’équipes «d’anges gardiens», qui auraient pour mission de surveiller que tout se passe bien. Une mesure qui a fait ses preuves lors de la soirée à la salle du Terreau, dans le quartier de Saint-Gervais. «Elle a permis d’identifier le problème et de réaliser une prise en charge rapide», se réjouit un des membres du collectif qui gère l’espace.

Victime ou témoin d’une agression sexuelle?

Et pour les jeunes:

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  • Pro Juventute (24/7): 147

  • Patouche: 0800 800 140

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