Finances – Malgré des hausses d’impôts, le Royaume-Uni a peu de marge
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FinancesMalgré des hausses d’impôts, le Royaume-Uni a peu de marge

Les hausses d’impôts décidées par le Chancelier de l’Échiquier britannique ne suffiront pas à renflouer certains services publics sous pression.

Le Chancelier de l’Échiquier britannique Rishi Sunak, à Manchester le 4 octobre 2021.

Le Chancelier de l’Échiquier britannique Rishi Sunak, à Manchester le 4 octobre 2021.

AFP

En dépit de hausses d’impôts «les plus importantes en 25 ans» pour redresser les finances publiques après la pandémie, le Chancelier de l’Échiquier britannique Rishi Sunak n’aura que peu de marges pour renflouer des services publics sous pression, estime mardi le centre de recherche IFS.

Rishi Sunak, qui prône l’orthodoxie budgétaire, fait face aux critiques d’opposants mais aussi de membres de son propre parti pour des hausses d’impôts récemment annoncées, notamment des cotisations sociales et de l’impôt sur les sociétés.

La dépense publique «va s’établir à 42% du revenu national, plus de 2% au-dessus de son niveau pré-pandémie», estime l’Institute for Fiscal Studies (IFS) dans une étude, publiée avant la présentation le 27 octobre par Rishi Sunak de son projet de budget et des orientations budgétaires pour trois ans.

«Décennie de coupes sévères»

Mais la hausse des dépenses sera ciblée notamment sur le secteur de la santé et sur d’autres priorités gouvernementales comme la neutralité carbone, le rééquilibrage économique entre les différentes régions du pays ou encore la réforme de la protection sociale, selon l’IFS.

«Les effets combinés des dépenses de santé qui ne s’arrêtent de croître et d’une économie» qui n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant la pandémie signifient qu’il y a «peu d’argent à dépenser pour de nombreux autres services publics» qui ont pourtant connu «une décennie de coupes sévères», résume Paul Johnson, directeur de l’IFS dans un communiqué.

L’administration locale, la justice ou l’éducation supérieure pourraient ainsi devoir se contenter de hausses modestes, voire affronter des coupes budgétaires au cours des deux prochaines années, selon cette étude réalisée avec la banque Citi et la fondation Nuffield.

«Conséquence inévitable»

Selon l’IFS, ces hausses d’impôts «sont passées sous le couvert de la pandémie» mais elles sont «davantage la conséquence inévitable du vieillissement de la population et de la pression sur le système de santé». L’emprunt public au Royaume-Uni, qui a représenté 15,5% du Produit intérieur brut (PIB) l’an dernier, est en baisse cette année mais reste très élevé. La dette du pays représentait fin août 19,6% du PIB.

L’emprunt pourrait se situer cette année «50 milliards de livres en dessous de ce qui était prévu», selon l’étude de l’IFS mais l’impact positif sur les finances publiques pourrait notamment être limité par «une reprise plus lente» de l’économie. La reprise économique au Royaume-Uni ralentit en effet depuis plusieurs mois, en raison notamment des pénuries de main-d’œuvre et des problèmes de chaînes d’approvisionnement qui touchent certains secteurs.

«Les incertitudes restent incroyablement élevées», selon l’IFS. Si l’économie fait mieux qu’espéré le ministre des Finances pourrait abandonner certaines hausses d’impôts mais «si les choses tournent mal, ces taxes pourraient devoir être pratiquement triplées».

(AFP)

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