Elections américaines: Malgré l'élection d'Obama, les marchés restent froids
Actualisé

Elections américainesMalgré l'élection d'Obama, les marchés restent froids

L'élection de Barack Obama à la Maison Blanche a levé l'incertitude politique pesant sur la première économie mondiale.

Les marchés boursiers n'ont toutefois pas été gagnés par l'euphorie, l'horizon économique restant bouché pour de nombreuses entreprises.

Wall Street évoluait en baisse, le Dow Jones perdant 2,31% et le Nasdaq 2,63% vers 18h30 (heure suisse). Ayant intégré la victoire du démocrate, somme toute attendue, les investisseurs semblent désormais avoir le regard tourné vers les défis économiques à venir.

«Le prochain président va devoir faire face à une économie en pleine détérioration, et cela n'a pas échappé à Wall Street», a ainsi souligné Andrea Kramer, de Schaeffer's Investment.

Après des clôtures en forte hausse à Tokyo (&4,46%), Hong Kong (&3,2%) et Shanghai (&3,16%), les Bourses européennes ont navigué dans le rouge mercredi, accentuant leurs pertes en cours de séance.

Victoire anticipée

À la clôture, Londres cédait ainsi 2,34%, Paris 1,98% et Francfort 2,11%. Mais il est vrai que les trois places européennes avaient anticipé la victoire du candidat démocrate en prenant plus de 6% chacune lundi et mardi. Zurich affichait une perte encore plus lourde en cédant 3,48%.

«A présent, le marché devrait amorcer un nouveau virage baissier», estimait à Paris la maison de courtage Aurel.

Globalement, le dénouement de la présidentielle américaine est cependant perçu positivement par les analystes, «avec le sentiment que l'on a peut-être tourné la page» après des mois de campagne et une dramatique crise financière, observait à New York Marc Pado, de Cantor Fitzgerald.

Stabilisation des marchés

Rappelant que «l'incertitude est le principal problème du marché», Sherrill Shaffer, ancien chef économiste à la Réserve fédérale de New York, s'attend lui aussi à une «stabilisation» des marchés après des semaines de tourmente.

Le dollar se raffermissait légèrement face à l'euro, qui s'échangeait à 1,2891 dollar dans l'après-midi, contre 1,2975 dollar mardi vers 23h00. Dans un contexte de récession mondiale, le billet vert a de bonnes chances de retrouver une position de valeur refuge, estimaient des spécialistes.

Le pétrole, victime des craintes d'une baisse de la demande causée par un ralentissement économique, était en repli mercredi, à 68,04 dollars à l'ouverture à New York, en baisse de 2,49 dollars. A Londres, le baril de Brent cédait près de 3 dollars à 63,50 dollars vers 17h00.

Sans impact

Sur le front des entreprises, la victoire de Barack Obama n'aura en tout cas pas d'impact immédiat. Le secteur privé américain a perdu 157 000 emplois en octobre, après en avoir supprimé 26 000 en septembre, selon l'étude du cabinet en ressources humaines ADP.

Ce chiffre pourrait constituer un mauvais avant-goût des statistiques officielles de l'emploi, dont la publication vendredi est attendue avec inquiétude par les investisseurs.

Comme pour confirmer les prévisions pessimistes, les ventes du commerce de détail dans la zone euro ont reculé de 1,6% sur un an en septembre. Et l'indice composite des directeurs d'achat (PMI) dans la zone euro a enregistré en octobre sa plus forte baisse mensuelle depuis juillet 1998.

Toujours les «subprime»

Du côté des banques, la crise des «subprime» (prêts hypothécaires à risques) est encore loin d'être digérée. Le groupe bancaire français BNP Paribas a ainsi annoncé un bénéfice en baisse de 55% sur un an au 3e trimestre 2008, avec une forte hausse des créances douteuses, près de deux fois supérieures à leur niveau de 2007.

Subissant le contrecoup de la crise financière, les rehausseurs de crédit américains Ambac et MBIA, ont annoncé des pertes nettes au troisième trimestre de respectivement 2,43 milliards et 806,5 millions de dollars.

(ats)

Ton opinion