Relation économique Suisse-USA: Malgré la crise, pas de «black-out» prévu pour l'an prochain
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Relation économique Suisse-USAMalgré la crise, pas de «black-out» prévu pour l'an prochain

Malgré la crise, l'année 2008 «n'aura pas été une catastrophe» dans les relations économiques et commerciales entre la Suisse et les Etats-Unis.

Son haut représentant helvétique Martin von Walterskirchen se veut même rassurant à court terme: «Il n'y a pas à craindre de black-out dans nos relations pour 2009».

Dressant le bilan 2008 dans un entretien accordé à l'ATS, le directeur à Chicago de Switzerland Trade and Investment Promotion (le Switzerland Business Hub des Etats-Unis) qualifie même de «bons» les neuf premiers mois de l'année, avec une croissance de 3% pour les exportations, contre 4% pour la même période en 2007.

Claquement de porte

Si les chiffres ne sont pas encore connus pour le dernier trimestre, M. von Walterskirchen s'attend évidemment à un ralentissement des échanges. «2008 aura été en fait comme deux années distinctes. Tout a changé d'un seul coup: c'est comme si au début du mois d'octobre on était passé d'une pièce à une autre en claquant violemment la porte», illustre-t-il.

Le responsable de la plate-forme de promotion des exportations et des investissements entre les deux pays ne s'attend toutefois pas à une catastrophe pour les douze mois de 2008. «Mais il y aura inévitablement une baisse des affaires», anticipe-t-il.

«Si je regarde l'état du marché américain, je suis évidemment inquiet. Mais si je compare avec d'autres marchés mondiaux, je suis plutôt rassuré», confie M. von Walterskirchen.

Dur pour l'horlogerie

«La crise économique aux Etats-Unis peut aussi être une chance pour la Suisse», estime-t-il toutefois. Des produits helvétiques de remplacements, notamment dans le secteur automobile, peuvent s'offrir une place sur le marché américain.

Et de citer en exemple la livraison d'outils et de machines pour des boîtes à vitesse grâce au plan d'aide gouvernemental pour les trois géants de Detroit (General Motors, Ford et Chrysler).

Outre l'automobile, les secteurs du médical, de la biotechnologie, de l'informatique et, à plus long terme, de l'économie dite «verte» devraient être les secteurs les plus porteurs et les moins affectés par la crise. Seule l'horlogerie risque de connaître une mauvaise passe, selon lui.

Suisse toujours séduisante

Dans l'autre sens, la Suisse continue d'intéresser les investisseurs américains, observe clairement le responsable. «L'implantation de quartiers généraux européens sur sol helvétique pour de grandes sociétés américaines a connu un boom depuis 2007», affirme-t-il.

Lorsque Martin von Walterskirchen regarde vers 2009, il se veut optimiste: «Je ne vois pas l'avenir en noir. Non, il n'y aura pas de black-out dans les relations économiques si particulières entre la Suisse et les Etats-Unis».

Obama et unité

Et l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche accentue sa sérénité. «Le nouveau président a la population derrière lui. L'unité d'un pays est un outil extraordinaire en temps de crise», analyse-t-il.

Il est même d'avis que l'optimisme insufflé dans les idées politiques peut jouer un grand rôle en économie. «Regardez avec le président John Fitzgerald Kennedy à l'époque: son idée d'aller sur la Lune a eu un effet sur la croissance économique».

Et de conclure: «L'économie va reprendre dans quelques mois ou d'ici à deux ans au plus tard aux Etats-Unis. Il faut déjà être prêt pour cela dans nos relations économiques avec ce pays. Il y a des chances à saisir dès maintenant pour nos PME suisses». (ats)

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