Ville de Genève: Malgré le Covid, le public se met à danser la chenille
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Ville de GenèveMalgré le Covid, le public se met à danser la chenille

Un happening en plein air autorisé a fini en farandole peu compatible avec les règles sanitaires. Les autorités enquêtent.

par
Maria Pineiro

Des gens qui dansent et font la chenille sur une chanson de Patrick Sébastien (la bien nommée Les Sardines – «Ha, qu'est-ce qu'on est serré, au fond de cette boîte, chantent les sardines) sur la place de la Navigation, aux Pâquis, sans distance sociale ni masques à l’horizon. Ces images qui tournent depuis le week-end dernier sur les réseaux sociaux ne sont pas du réchauffé. Elles ont bel et bien été tournées le vendredi 4 septembre. Ce soir-là, une compagnie artistique du crû organisait une soirée en plein air. La compagnie avait été mandatée par la Ville de Genève dans le cadre de Genève en été. Et manifestement, après la partie artistique, les spectateurs se sont lâchés.

Ce dérapage n’a manifestement pas échappé au Département cantonal de la Sécurité, de l’emploi et de la santé (DSES). «Nous sommes au courant. Compte tenu de la situation actuelle, c’est tragique», a indiqué Laurent Paoliello. Après avoir visionné la séquence, le porte-parole estime que les règles sanitaires applicables aux manifestations publiques «semblent effectivement ne pas avoir été respectées. L’événement avait été autorisé moyennant le respect des distances ou le port du masque». Les règles édictées par la Confédération et le canton supposent qu'à défaut du respect de la distance ou du port du masque, les identités doivent être collectées. Au-delà de ce chiffre, le public doit en outre être séparé en espaces de 100 personnes maximum.

Contacté, le Département de la culture de la Ville rejette toute responsabilité indiquant que la délivrance des autorisations n’est pas de son ressort: «L'application des règles relève de l'organisateur et le contrôle des autorités compétentes, à savoir le Canton.» Au DSES, l’affaire est prise très au sérieux. «Nous enquêtons afin de savoir combien de personnes étaient présentes à cet événement ainsi que son déroulement. A cette fin, nous allons entendre les responsables afin d'identifier pourquoi le plan de protection n'a a priori pas été respecté. Selon nos informations, les organisateurs se seraient fait déborder, ne s’attendant pas à cette ambiance survoltée.

Une fois les investigations terminées, des sanctions pourront être ordonnées. Celles-ci peuvent aller jusqu’à une amende de 10’000 fr. Par ailleurs, la compagnie est au bénéfice d’une autorisation pour une autre soirée à venir. «Nous allons nous assurer d’avoir la garantie que les règles seront, cette fois, respectées. Le cas échéant, l’événement ne pourra pas avoir lieu», a conclu Laurent Paoliello.

Qui pour faire respecter les règles?

Bars, restaurants, manifestations. Tous doivent aujourd’hui se plier à des protocoles stricts et les faire respecter à leurs clients et publics. Les organisateurs de la soirée de vendredi auraient donc dû stopper la chenille ou faire appel à la police s’ils en avaient été incapables. «C’est de la responsabilité des organisateurs d'élaborer et mettre en œuvre un plan de protection», a insisté Laurent Paoliello. Mais est-ce vraiment le travail de serveurs ou d’artistes de maintenir l’ordre? «Oui, a jugé Laurent Terlinchamp, président de la société de cafetiers de Genève. Au même titre que nous faisons respecter l’interdiction de fumer ou gérons les clients irascibles. Si nous n’y arrivons pas, nous pouvons compter sur la police.»

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625 commentaires
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Le Lignon GE

11.09.2020, 20:14

Bonsoir mes amis! Les gens on en marre du coronavirus! Ils veulent se toucher, se embrasser, faire du sexe, etc. La dolce vita est bella et il faut vivre au maximum! Dancons alors!!! Cordialement, Moustapha Ghazzal.

Le Broyard

11.09.2020, 16:30

C'est sans doute une des raisons qui justifieraient la baisse des salaires des fonctionnaires à Genève, les faits prouvent qu'ils ne font pas leur job. Même 2 à 3 fois plus nombreux qu'à Zurich, ils n'y arrivent pas. Un salaire fixe et un complément au mérite, avec des consultants neutres, serait la bonne solution et surtout une diminution des effectifs. Ceux restants, pourraient probablement conserver leur salaire.

Lausannois

11.09.2020, 10:57

Ces genevois, ils perdent pas une occasion pour se faire remarquer, on pourrait croire à chaque fois à un mauvais gag , mais non. C’est vraiment notre petite France , ça réfléchit après ;)