«Swissleaks»: Mali: l'Eglise avait des millions déposés à Genève

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«Swissleaks»Mali: l'Eglise avait des millions déposés à Genève

Selon des documents «Swissleaks», la Conférence épiscopale du Mali a disposé jusqu'à 12 millions d'euros dans des comptes abrités par HSBC à Genève.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Mgr Jean Zerbo, archevêque de Bamako et désormais cardinal, a botté en touche sur les comptes de HSBC à Genève.

Mgr Jean Zerbo, archevêque de Bamako et désormais cardinal, a botté en touche sur les comptes de HSBC à Genève.

Keystone

La Conférence épiscopale du Mali (CEM) est secouée par un scandale de détournement de fonds. Selon le quotidien français Le Monde, l'institution a ouvert en 2002 sept comptes bancaires chez HSBC Private Bank à Genève. Des comptes qui ont été alimentés jusqu'à 12 millions d'euros en 2007.

Ces chiffres ressortent des documents obtenus en 2014 dans le cadre du Consortium de journalistes d'investigation (ICIJ) et baptisés «Swissleaks», comme le rappelle Le Temps qui en fait partie.

Ils mettent également en cause trois des principaux prélats de l'église catholique au Mali, dont Mgr Jean Zerbo, 73 ans, l'archevêque de Bamako qui vient d'être nommé cardinal par le pape François.

«No comment» des intéressés

«C'est un vieux compte. Il s'agit d'un système que nous avons hérité de l'Ordre des missionnaires d'Afrique qui géraient l'église», a-t-il indiqué à un journaliste du Monde. De vieux comptes peut-être mais toujours actifs au sein de la banque à Genève, comme a pu le vérifier le journal.

Quant aux deux autres personnes impliquées, il s'agit de Mgr Jean Gabriel Diarra, 71 ans, président de la CEM au moment des faits, et de Cyprien Dakouo, 60 ans, alors bras droit des évêques du Mali. Le premier a refusé de répondre aux questions et le second réside en France depuis son éviction en 2012. Il n'a également pas souhaité s'exprimer sur cette affaire.

Les trois hommes ont rencontré à plusieurs reprises des représentants de HSBC. Ceux-ci expliquent qu'ils se sont mis d'accord avec l'archevêché pour confier la gestion d'une partie du portefeuille à la banque ainsi que la capture de «50 % du portefeuille afin de pouvoir en optimiser la rentabilité».

L'Eglise catholique du Mali a refusé de dévoiler le moindre chiffre sur son patrimoine et n'a pas voulu dire si ces sommes avaient été déclarées au fisc malien.

L'Eglise catholique malienne dément

Faux- Évoquant dans un communiqué «un article sur de mystérieux comptes bancaires (...)», la Conférence épiscopale du Mali (CEM) «s'inscrit en faux contre les allégations affirmant que certains évêques auraient procédé à un détournement de fonds des fidèles catholiques».

Transparence- Elle assure fonctionner «en toute transparence», soulignant qu'«aucun évêque n'agit à titre personnel dès lors qu'il s'agit d'une mission qui lui a été confiée par ses pairs».

«L'Eglise du Mali accomplit sa mission d'évangélisation dans la dignité et ne peut utiliser de l'argent sale», affirme-t-elle, s'interrogeant sur les motivations des «auteurs de l'article tendancieux».

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