Blogueuse assassinée: Malte promet justice pour la journaliste tuée
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Blogueuse assassinéeMalte promet justice pour la journaliste tuée

Le Premier ministre, Joseph Muscat, a annoncé qu'il traduirait en justice les meurtriers de la journaliste assassinée lundi. Il a aussi reconnu qu'elle était sa «plus grande adversaire».

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Les appels à la démission du Premier ministre se sont multipliés à Malte. Il est reproché à Joseph Muscat d'avoir protégé son chef de cabinet dans l'enquête sur le meurtre de la journaliste Daphne Caruana. (Vendredi 29 novembre 2019)

Les appels à la démission du Premier ministre se sont multipliés à Malte. Il est reproché à Joseph Muscat d'avoir protégé son chef de cabinet dans l'enquête sur le meurtre de la journaliste Daphne Caruana. (Vendredi 29 novembre 2019)

Keystone
Joseph Muscat a nommé un juge à la retraite pour diriger une enquête sur la mort de la journaliste. (21 septembre 2019)

Joseph Muscat a nommé un juge à la retraite pour diriger une enquête sur la mort de la journaliste. (21 septembre 2019)

AFP
Malte enterre sa journaliste assassinée ce vendredi. Tous les drapeaux sont en berne partout dans l'île. (3 novembre 2017)

Malte enterre sa journaliste assassinée ce vendredi. Tous les drapeaux sont en berne partout dans l'île. (3 novembre 2017)

AFP

Accusé par le fils de Daphne Caruana Galizia d'être «responsable et complice» de l'attentat ciblé à la voiture piégée qui a tué sa mère, le premier ministre Joseph Muscat a tenté dans un entretien au journal italien La Repubblica, publié mercredi, de pointer l'opposition. Il a assuré que c'est sur elle que portaient les dernières enquêtes de la militante anti-corruption.

«Il est impensable dans un pays comme Malte de mourir pour son travail, dans le cas de Mme Caruana Galizia pour ce qu'elle a écrit», a encore insisté Joseph Muscat. «Elle était probablement ma plus grande adversaire, elle m'a attaqué depuis le temps où j'étais le chef de l'opposition. Mais c'était son travail.»

Daphne Caruana Galizia, 53 ans, a été à l'origine d'accusations de corruption ayant poussé Joseph Muscat à convoquer des élections anticipées en juin. Un scrutin qu'il a largement remporté grâce au boom économique actuel du petit pays. «Pionnière du journalisme d'investigation à Malte», selon la Commission européenne, elle a été tuée lundi dans l'explosion d'une bombe sous sa voiture.

Aucune piste

M. Muscat a également rappelé qu'il avait fait appel à la police fédérale américaine (FBI) et à des services de sécurité européens pour retrouver les meurtriers. Des experts néerlandais de la police scientifique sont en effet arrivés mardi pour aider les enquêteurs. Ces derniers n'ont pour l'instant fait état d'aucune piste tangible.

Selon des sources policières maltaises, l'explosif utilisé, qui a propulsé la voiture de la journaliste dans un champ à plusieurs dizaines de mètres, était du Semtex. Ce produit très puissant est souvent utilisé dans des attaques terroristes d'envergure.

Indignation

Le meurtre de cette journaliste dans un pays de l'Union européenne, dont Malte avait assuré la présidence tournante en début d'année, a soulevé une vague d'indignation dans le monde. Le secrétariat d'Etat américain a condamné mardi cette «attaque lâche» contre une journaliste «courageuse qui a voué sa carrière à faire la lumière sur la corruption».

Le leader de l'opposition Adrian Delia a lui réclamé mardi la démission de Joseph Muscat. Il estime qu'il avait été incapable de garantir la sécurité de la journaliste et blogueuse. Joseph Muscatt a vivement répondu à cette attaque lors d'une allocution à la télévision maltaise, affirmant qu'il ne pouvait pas protéger quelqu'un qui ne le voulait pas. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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