Actualisé 05.03.2012 à 19:37

La Côte (VD)Malvoyante, son logement est mis à sac

Après le cambriolage de son domicile, Jeanne* a eu toutes les peines à inventorier les objets volés.

von
Caroline Gebhard

«Elles ont dû remarquer que j'avais une canne blanche.» Le 8 février, vers 11 h 20, Jeanne quitte son appartement. Au deuxième étage de son immeuble, elle croise deux filles qui lui proposent de l'aider à porter ses sacs. La sexagénaire refuse mais trouve leur présence «bizarre». Sa sœur, avec qui elle sort ce jour-là, la rassure. Mais à son retour, vers 15 h, c'est la stupeur. «J'ai voulu mettre la clé dans la serrure et la porte s'est ouverte toute seule.» En entrant, elle marche sur un bout de bois et se heurte à une porte d'armoire. Pour cette malvoyante à l'intérieur très organisé, ce n'est pas normal. Jeanne comprend qu'elle a été cambriolée mais a besoin d'un avis extérieur. «Je le savais mais j'étais dans le doute. Peut-être avais-je mal fermé?» Appelée à la rescousse, sa sœur confirme l'infraction. Toutes deux songent immédiatement aux filles croisées quelques heures plus tôt, qui avaient profité de la porte ouverte pour pénétrer dans le bâtiment malgré le digicode de l'entrée.

Passé le choc de la nouvelle, Jeanne est confrontée à une nouvelle épreuve: la déclaration d'assurance. «Je dois toucher tous les bijoux d'une boîte pour savoir ceux que l'on m'a pris. Personne ne peut m'aider.» En prenant son temps et en faisant appel à ses souvenirs, elle parviendra finalement à remplir les documents et à décrire les objets disparus. Mais elle ignore encore si on lui a volé autre chose que des bijoux. «Je peux tout à coup chercher quelque chose et réaliser que ce n'est plus là.» Ce n'est pourtant rien en comparaison du temps qu'il lui faudra pour réorganiser ses armoires en fonction de ses repères: «j'en ai encore au moins pour deux mois...»

*prénom d'emprunt

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