Crise ukrainienne: «Maman, ça s'arrête quand la guerre?»
Actualisé

Crise ukrainienne«Maman, ça s'arrête quand la guerre?»

Les enfants de Slaviansk, bastion de la rébellion prorusse, subissent une angoisse quotidienne depuis le début du conflit que leurs parents ont bien du mal à contenir.

«Maman, ça s'arrête quand la guerre?» Tous les jours, Ibraguim, petit garçon de 6 ans qui habite à Slaviansk, bastion dans l'Est ukrainien des séparatistes prorusses encerclé par l'armée, pose la même question. Entêté comme peut l'être un enfant quand il a l'impression que l'on n'a pas vraiment répondu à sa question, il interroge sans relâche ses parents. «Je ne sais pas quoi lui répondre», avoue Nastia, sa mère à la sortie de l'école mercredi.

«Au début, on a tout fait pour que la vie suive son cours normal mais aujourd'hui c'est impossible. Toutes les nuits, ça explose et les rues sont pleines d'hommes armés», explique-t-elle dépitée, en faisant de grands gestes pour désigner quelques mètres plus loin des rebelles en uniforme, qui portent tous des fusils en bandoulière et certains des lance-roquettes dans le dos.

Traces de la guerre partout

Un peu plus d'un mois après le début de l'opération militaire lancée par Kiev pour désarmer les rebelles prorusses qui ont pris possession d'une partie de la région, les traces de la guerre sont partout dans cette ville de 110'000 habitants.

Toutes les grandes avenues de Slaviansk sont bloquées par des barrages de fortune - branches d'arbres, pneus, palettes de bois empêchent la circulation -, les principaux bâtiments de la ville sont gardés par des hommes en armes et des patrouilles d'une dizaine hommes circulent dans les rues.

A l'extérieur, la ville est encerclée par l'armée ukrainienne, elle-même encerclée par d'autres insurgés prorusses et toutes les nuits les deux camps s'affrontent dans des combats sporadiques qui visent à reprendre un ou deux checkpoints.

«Nous ne savons plus qui nous protège de qui»

«Depuis trois jours, les combats sont intenses autour de la ville, donc nous dormons par terre sous les tables pour être protégés en cas d'explosion des fenêtres», poursuit Nastia, qui évoque les murs qui tremblent toutes les nuits.

«Les enfants posent des tas de questions et je ne sais pas quoi répondre parce que finalement aujourd'hui nous ne savons plus qui nous protège de qui», renchérit Nadia, mère d'un petit garçon de 3 ans et d'une fillette de 6 ans.

«Je leur dis quand même que les hommes armés que l'on voit partout sont là pour nous défendre», précise-t-elle. «On essaye de les rassurer comme on peut, avant tout était si paisible ici», ajoute-t-elle alors qu'à quelques mètres de là ses deux enfants jouent sur un toboggan rouillé.

La semaine dernière, l'Unicef s'est inquiétée de la dégradation de la situation en Ukraine et de son impact sur la vie des plus jeunes, témoins de scènes violentes.

Fillette «trop effrayée pour pleurer»

«Il y a deux jours, nous avons entendu une explosion si forte que ma fille s'est réveillée en hurlant. Elle semblait complètement hébétée mais même trop effrayée pour pleurer», explique Olena, qui habite dans la banlieue de Slaviansk. «J'essaye de lui faire croire que c'est un feu d'artifice même si évidemment elle ne me croit pas. Mais je ne sais pas quoi dire d'autre, notre vie a tourné au cauchemar.»

Dans l'école n°12 de la ville, ils ne sont pas nombreux dans la cour de récréation. «Nous avons de moins en moins d'enfants. Ces derniers jours, à peine un tiers est présent», se désole Guertrouda Gagatcheva, la directrice. «En même temps, je comprends les parents, la plupart sont bien trop effrayés par les combats pour amener leurs enfants à l'école. Et tous les jours, de nouvelles familles quittent la ville», ajoute-t-elle.

Du coup, l'école s'est organisée et une partie des cours ont été mis en ligne sur un site internet pour permettre aux enfants «de ne pas complètement décrocher».

La petite femme au chignon impeccable ajoute: «Mais c'est assez dérisoire, car même ceux qui viennent encore à l'école sont perturbés et fatigués, leur vie et celle des enseignants est sens dessus dessous. Mais que pouvons-nous faire (afp)

Les attaques ont déjà fait 14 morts parmi les soldats

Au moins 14 soldats ukrainiens ont été tués ces dernières 24 heures dans des attaques perpétrées par des séparatistes russes dans l'est de l'Ukraine, selon un nouveau bilan établi à partir des informations des autorités de Kiev.

Treize soldats ont péri dans une attaque à la grenade et au mortier près de Volnovakha, dans la région de Donetsk, selon le président par intérim Olexandr Tourtchinov, cité par l'agence Interfax. Un autre soldat a également été tué dans une attaque séparée contre son convoi dans la région de Lougansk, selon le ministère ukrainien de la Défense.

Ton opinion