Hong Kong: «Mamie Wong», figure des manifs pro démocratie, jetée en prison

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Hong Kong«Mamie Wong», figure des manifs pro démocratie, jetée en prison

La sexagénaire, condamnée à 8 mois pour rassemblement illégal, rejoint la liste de militants incarcérés dans la répression de toute dissidence dans l’ancienne colonie britannique.

Alexandra Wong, 66 ans, est connue pour manifester en brandissant l’Union Jack, le drapeau du Royaume-Uni dont Hong Kong était encore une colonie à sa naissance avant d’être restitué à la Chine en 1997.

Alexandra Wong, 66 ans, est connue pour manifester en brandissant l’Union Jack, le drapeau du Royaume-Uni dont Hong Kong était encore une colonie à sa naissance avant d’être restitué à la Chine en 1997.

AFP

«Mamie Wong», une sexagénaire habituée du mouvement pro-démocratie à Hong Kong, a été emprisonnée mercredi pour rassemblement illégal. La militante a été condamnée à 8 mois de prison, le juge Adam Yim invoquant «l’ampleur» des manifestations et «le désordre infligé à l’ordre social». Elle rejoint ainsi une longue liste de protestataires jetés en prison dans le cadre de la répression de toute dissidence lancée par le biais d’une loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin mi-2020 après les grandes manifestations pro-démocratie de 2019.

Alexandra Wong, 66 ans, connue de tous sous le surnom de «Grandma Wong» («Mamie Wong») était connue pour manifester en brandissant l’Union Jack, le drapeau du Royaume-Uni dont Hong Kong était encore une colonie à sa naissance avant d’être restitué à la Chine en 1997. Le parquet l’a accusée d’avoir pris part à deux rassemblements interdits le 11 août 2019 et d’avoir crié «des mots offensants». Il a également estimé que le drapeau qu’elle agitait et les slogans qu’elle entonnait avaient encouragé un rassemblement illégal.

Plus de 2800 militants poursuivis

Le chef de rassemblement illégal est l’un des plus utilisés par la justice contre les participants à ces manifestations monstres, souvent violentes, qui ont duré des mois. Plus de 2800 personnes ont été poursuivies en lien avec ce mouvement. Mardi, Koo Sze-yiu, un militant hongkongais de 75 ans atteint d’un cancer en phase terminale, a ainsi été condamné à 9 mois de prison pour tentative de sédition.

Lunettes et cheveux gris, Mamie Wong, qui avait plaidé non coupable plus tôt dans l’année, a modifié sa défense mercredi au début de son procès. Elle a critiqué le gouvernement de Hong Kong, le qualifiant de «régime autoritaire». Elle a également répété avoir été interrogée et détenue par des agents de sécurité en Chine continentale durant près de 14 mois et forcée à une confession par écrit et filmée.

Emmenée de force dans un «voyage patriotique»

Mamie Wong avait disparu à mi-chemin pendant les manifestations de 2019 puis avait refait son apparition en étant interpellée lors d’un voyage de retour à Shenzhen, ville de Chine continentale près de Hong Kong. Elle affirme avoir été détenue en Chine continentale, emmenée dans un «voyage patriotique» et assignée de facto à domicile avant d’être autorisée à revenir à Hong Kong.

En avril, la militante pro-démocratie avait été condamnée à 6 jours de prison avec sursis dans une affaire séparée d’entrave à un policier. En juillet de l’année dernière, elle avait été condamnée à un mois de prison pour l’agression d’un garde de sécurité à la Cour suprême en janvier 2019.

(AFP)

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